En "R-décès"!

Publié le par Grand Beau et Riche Pays

La capitale de R-décès

 MemphisCommercialAppeal  Edward Harris KINSHASA (AP)  Across tropical West Africa, much of the hot hours are spent outdoors. Most West Africans are too poor to afford air conditioning and live in stuffy, cramped quarters with many members of their extended family. In the countryside, a shade tree is a frequent respite from searing sun while in cities many conduct their business in shops with doors wide open to catch a breeze. Clothing, too, is adapted for the climate. Men may wear flowing Islamic robes that hang from the shoulders, creating a cool air space within. Vents are cut under arms, to allow air to flow freely. Women also wear long, loose robes. In Kinshasa, the seething Congolese capital that sit nears the equator, many older buildings have louvred vents built into walls to allow in cooler air. The homes of the rich are often built on hills, where the air is purer. But most Kinshasans in crowded slums have fewer escapes. The Congo river, which is also an international border, is a military zone and mostly blocked off from public use. Vehicles belch polluted, blue smoke from exhaust pipes and piles of trash bake and fume across the war-battered city. Most Congolese, like most West Africans, just endure the heat or are well acclimatized and take little notice since they've never known any other way.
 
AFP

LeFigaro Caroline Dumay    Elle n’a ni le charme provincial de Brazzaville, ni l’énergie industrielle de Lagos. Elle est encore bien plus polluée qu’Abidjan, beaucoup plus chaotique que Dakar. Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo (RDC), fait partie de ces villes africaines que l’histoire traverse en ne laissant derrière elle qu’une architecture du déclin. Kinshasa porte le poids du temps comme une vieille femme africaine, sa bassine d’eau. Avec courage et résignation. La cité ne cherche plus à plaire depuis longtemps et accepte ses dernières rides. Le temps est loin où on la surnommait Kin la Belle, Kin Makambo (la ville de l’ambiance) ou encore Kin Kiese (la ville des plaisirs). La capitale de RDC – « R-décès ! », assurent les Kinois en souriant – revient de loin. Mieux vaut avoir un peu d’humour pour exorciser son destin. « Le lard (abréviation de dollar) nous graisse un peu la vie », expliquent les Kinois. Il ne profite, certes, qu’aux plus riches. Mais dans un pays où 70 % de la population gagne moins de dix centimes par jour, les petits ramassent inévitablement les miettes des gros. « Khaddafis » (trafiquants d’essence), « cambistes » (changeurs illégaux de monnaie) ou « ligablos » (vendeurs de rue) grossissent les rangs de cette économie parallèle qui fait miraculeusement survivre la ville.  Immense mégalopole qui résiste à toutes les formes de comparaison, Kinshasa ne permet pour la décrire aucune synthèse possible. La ville existe largement au-delà de son architecture ou de son histoire. Comme le disait l’écrivain et poète congolais Sony Labou Tansi : « Kinshasa ne sera jamais New York. Tant mieux d’ailleurs. Chaque ville a son âme, chaque ville a son corps, sa peau, son intelligence, sa bêtise, son côté monstre, sa poétique, sa part de mystère... »

Le Paradoxe

L'Humanité EB    Le paradoxe est désespérant : la RDC dispose des réserves naturelles les plus importantes du continent africain - des ressources minières qualifiées de « scandale géologique », la seconde forêt tropicale du monde, un potentiel hydroélectrique supérieur au barrage des Trois-Gorges -, mais est un des pays les plus pauvres au monde ! Absence de jugement dans la gestion de l’État, bradage des actifs miniers nationaux à des compagnies étrangères accueillies à bras ouverts par les gouvernements successifs, corruption... la politique économique erratique de Mobutu puis la guerre ont plongé le pays dans le chaos. Résultat : en 2005, la RDC était classée 167e sur 177 en termes d’indice de développement humain. Une légère embellie a beau pointer du nez depuis 2003, il faudra des années avant que le pays ne retrouve un PIB équivalent à celui de 1960, date de son indépendance. Corruption et déstructuration de l’économie ayant privé l’État de recettes, l’informel recouvre près de 90 % de l’activité économique. Seuls quelque 4 % de la population active disposent aujourd’hui d’un salaire et de prestations sociales... Et encore lorsque les salaires sont versés ! Militaires et policiers « privatisent » leurs fonctions et rackettent la population. Les services publics sont sinistrés. Selon l’UNICEF, 1 200 personnes meurent chaque jour, de faim ou de maladie. Dans les hôpitaux, pas de médicaments, ou presque : l’État ne consacre que 1 % de son budget à la santé. Les malades devant être opérés amènent le fil pour se faire recoudre. L’hécatombe touche aussi le secteur éducatif. Le taux de scolarisation des 6-11 ans a chuté de 94 % en 1979 à 51 % en 2001 et ne dépasse pas 18 % dans le secondaire. Même chose à l’université. La cause ? L’État, qui ne paie quasiment plus ses professeurs. Résultat, les parents doivent verser aux instituteurs des « frais de motivation », une dépense inaccessible pour beaucoup.

Dans les 150 milliards de dollars de corruption

XINHUA    L'Afrique est à tel point gangrenée par la corruption que cela coûte au continent 150 milliards de dollars annuellement, chiffre qui s'est dégagé de la 6ème réuion annuelle du Forum de l'Afrique australe contre la corruption (SAFAC) ouverte à Maurice. "La corruption prospère dans des pays où il n'y a pas de mécanismes de contrôle, où la société civile est faible, où il n'y a pas d'institutions spécialisées dans la lutte contre la corruption et surtout où il n'y a pas de volonté politique de l'éradiquer".

KINSHASA, (IRIN) Compte tenu de l’ampleur du phénomène de la corruption, la Banque mondiale a décidé de suspendre les prêts à la RDC et l’Union européenne (UE), principal bailleur de fonds du pays, n’a pas encore versé sa contribution financière au budget de l’Etat congolais. « L’Etat n’existe pas pour l’instant dans ce pays. Leurs procédures ne sont pas du tout fiables ». De quelle manière la communauté internationale peut-elle aider à la mise en place des institutions de l’Etat ? « Dans un pays où tout est urgent, il faut organiser des réunions techniques et analytiques pour définir les priorités ». La première priorité du gouvernement est la sécurité, notamment la création d’une armée, d’une police et d’un système judiciaire efficaces. La gestion financière est la deuxième priorité du moment. Elle consistera à rendre plus efficaces la collecte des recettes fiscales et les procédures de dépenses publiques. Viennent ensuite la gestion des ressources naturelles, la réforme de l’administration publique et enfin les mécanismes de contrôle et de bonne gestion. « Si toutes ces conditions sont réunies, le gouvernement pourra alors commencer à offrir des services sociaux ».

Paul Wolfowitz  President, World Bank Group    "Corruption is a disease that drains resources and discourages investment. One of the most important partners in the World Bank’s fight against corruption is the private sector worldwide.  While there are individual firms that may hope to profit, the private sector as a whole stands to lose when corruption is pervasive and the rule of law is undermined. The Voluntary Disclosure Program (VDP) is a new tool that will help the Bank further its anti-corruption agenda in a practical and cost-effective way.  Designed to prevent and deter corruption in our projects and contracts, the VDP encourages companies to adopt business practices that will contribute to a more competitive and healthy private sector in the countries we serve. I encourage eligible firms to become a part of the solution and join the global fight against corruption.  Strong business participation in the Voluntary Disclosure Program can make a tangible difference in the lives of countless people who live in poverty.  It is also a smart business decision."
 
Hérauts et prophètes de malheur

PANAPRESS Laurent Nkunda a appelé à Nyamitaba la population à constituer un front commun pour lutter contre l'armée gouvernementale et ses milices alliées. "Nous ne devrons pas demander à quiconque de nous accorder le droit de vivre", a-t-il martelé, invitant la population, essentiellement d'origine rwandaise, à se battre pour sa survie. "Nos parents et ancêtres avaient longtemps été victimes d'une exclusion organisée par des régimes dictatoriaux qui ont dirigé la RD Congo. La cohabitation pacifique demeure une obligation pour tout le peuple congolais sans discrimination aucune.  Il est temps de nous lever comme un seul homme pour combattre la dictature du président Joseph Kabila qui continue d'exterminer son peuple.  Nous avons longtemps souffert d'une discrimination sans précédent. Nous devrons nous solidariser pour parer à cette politique de diviser pour régner instituée par le président Kabila".
 
La Libre Belgique  Si des troubles éclatent, les enfants des rues seront les premières victimes des violences. Des partis n’hésitent pas à enrôler ces enfants. En échange de cadeaux ou d’argent, ils ont pour ordre de troubler des manifestations, de gonfler le nombre de participants à un meeting électoral, ou d’intimider la population. Les shégés sont des recrues malléables et peu chères. En outre, s’ils viennent à mourir, personne ne demandera des comptes.  La situation des enfants des rues apparaît comme le miroir grossissant de la société congolaise actuelle et de ses problèmes. Les shégés sont un peu les victimes expiatoires d’une société incapable de protéger ses citoyens les plus jeunes et les plus vulnérables contre l’extrême violence dont elle est gangrenée.  Sans une prise de conscience et un investissement réel de la part des pays bailleurs de fonds et des autorités congolaises pour améliorer les conditions de vie de ces enfants, qui sont aussi le futur du Congo, le processus de transition, dont la réussite est tout sauf certaine, risque de déboucher sur un échec.
 
Photo
 
Election workers go through the counted ballots at a central election processing station  (AP Photo/Michel Euler)
 
Le Carnet de Colette Braeckman    De quel côté que l’on se tourne, l’équation congolaise n’est guère réjouissante.Car contrairement auxprévisions, les électeurs n’ont pas dispersé leurs voix entre 33 candidats : dès le premier tour, ils ont voté utile. Et si l’Est s’est massivement rallié à Kabila, considéré comme l’homme qui a ramené la paix, l’Ouest et Kinshasa ont été sensibles à d’autres thèmes, soutenant un Jean-Pierre Bemba présenté comme l’ « enfant du pays ». En cas de majorité absolue au premier tour, des troubles sont à craindre : Kinshasa menace de se soulever contre Kabila et si Bemba l’emporte, les puissants voisins angolais assurent qu’ils n’accepteront jamais le retour d’un ancien mobutiste. Dans le processus de reconstruction du Congo, les élections ont représenté un passage obligé, indispensable. Reste à espérer qu’elles n’aient pas contribué à réveiller les passions, à susciter de nouvelles fractures, d’autres affrontements. Si cela devait être le cas, le pays n’y survivrait pas.

Le Monde Jean-Philippe Rémy    Ont apparu des irrégularités qui ne sont pas seulement dues aux difficultés logistiques. Dans plusieurs centres, des bulletins ont été déchargés à même le sol et mélangés. D'autres ont même été détruits dans un bûcher énigmatique, rendant tout recomptage impossible. Ici, des observateurs ont surpris et photographié des agents de la Commission électorale indépendante (CEI) en train de maquiller des procès-verbaux de bureaux de vote. Là, un score de 110 %, au Katanga, montre que la gestion des nombreuses listes d'"omis" pourrait être utilisées pour d'éventuelles fraudes... Les incertitudes qui pèsent sur le scrutin, et par conséquent sur la stabilité de la RDC, montrent les limites de l'exercice électoral. Pendant les trois années de transition, une forme de protectorat mou, se refusant à dire son nom, a été assurée conjointement par les Nations unies et les représentants de la communauté internationale avec un consensus discret : "Pendant toute la transition, on a dégagé la voie à Kabila", reconnaît une source onusienne. ..L'étendue du vote contestataire a changé les calculs, et transformé la formalité espérée des résultats, du côté du camp présidentiel, en moment délicat, porte ouverte à un cycle de violences. Grande est la peur de voir, en cas d'annonce d'une victoire du camp présidentiel, une partie de la moitié ouest du Congo s'embraser, à commencer par Kinshasa, alors qu'un chargement de blindés a été débarqué à Matadi, le port de Kinshasa, en aval sur le fleuve Congo, à l'avant-veille du scrutin. Le matériel - 21 chars T55 et 21 transports de troupes blindés, en provenance de République tchèque, mais commercialisés par un intermédiaire ukrainien - a précédé de quelques jours la livraison d'armes et de munitions angolaises à Lubumbashi. 
 
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