Richesses de Likasi

Publié le par Grand Beau et Riche Pays

Dieudo, loin de son Likasi natal

 
 
Célia Pascaud     Dieudonné Kabongo, 56 ans est exilé à Bruxelles."Je suis triste quand je vois les miens fuir un continent aussi magnifique que l’Afrique. L’Afrique est paradisiaque mais elle est bâtie sur un volcan ! L' accroche au pays devrait nous retenir comme la loi de l’apesanteur ! Plutôt que de se battre pour avoir des papiers en Europe, ce serait bien que les Africains se battent pour que la situation se régularise en Afrique ! Je n’ai jamais pris la nationalité belge car j’ai toujours voulu retourner au Congo. Mais maintenant j’ai plus d’attaches ici en Belgique, j’y travaille, j’y ai mes amis  » Mais comment un jeune Congolais d’une vingtaine d’année fraîchement arrivé dans le Plat pays, pour y étudier la mécanique est-il devenu un humoriste reconnu ?  L’envie de scène lui est venue « comme un virus qui te ronge petit à petit ». En 1984, Kabongo « rafle tous les prix » au festival du Rire de Rochefort avec un spectacle qu’il a lui-même écrit, ‘Méfiez vous des tsés-tsés’. Le succès est en marche : depuis, le Congolais à la carrure de boxeur a trimballé son one-man-show au Canada, en Suisse, dans le sud de la France… Mais Kabongo en véritable artiste, est aussi un touche-à-tout qui n’hésite pas à mélanger les genres : en 2005, il goûte aux joies du cinéma en tournant avec Costa-Gavras sur son film « Le Couperet ». Et il anime régulièrement des émissions à la radio belge où la voix, outil magique, « permet aux auditeurs d’imaginer leur propres histoires ». Avec sa voix chaude et envoûtante, Kabongo est un conteur né. Humoriste à ses heures, Kabongo n’a pourtant rien d’un grand comique : le visage est grave et le propos sérieux.  « Je parle de beaucoup de choses dans mes spectacles, même de la colonisation. Sur le moment les gens en rient mais mes propos sont très durs! Avec la colonisation, l’homme noir n’existe plus que par l’homme blanc en face de lui qui se pose en modèle». Faire rire pour faire réfléchir : tel pourrait être le credo de Kabongo.
 
Les richesses pour d'autres

 


JeuneAfrique    FRÉDÉRIC MAURY     Coup de chance : ces dernières années ont été marquées par une flambée des prix des produits miniers qui devrait directement profiter à l’Afrique, qui extrait chaque année des milliers de tonnes de son sous-sol. Avec l’Australie, le Canada et l’Amérique du Sud, le continent est en effet l’une des plus grandes zones minières du monde (voir infographies ci-contre). L’exploitation des minerais est une activité dominante et représente le premier poste d’exportation dans près de la moitié des pays africains : parmi eux, l’Afrique du Sud, le Botswana, la RD Congo, le Mali, la Guinée, le Ghana, la Zambie, le Zimbabwe, le Niger, la Tanzanie, le Togo ou la Mauritanie. D’autres pays comme l’Angola, la Sierra Leone ou la Namibie ont également développé un pôle minier conséquent. La plupart de ces pays doivent ce développement à la modernisation de leurs codes miniers intervenue dans la première moitié des années 1990. Résultat : si on ajoute la production de chaque pays, le continent se positionne comme le premier producteur mondial de nombreux produits miniers.

Le secteur minier en Afrique, bien qu’il représente une part très importante des exportations d’une vingtaine de pays, contribue relativement peu à l’activité économique. Ainsi, en Namibie, l’extraction des minerais, diamant en tête, constitue environ 55 % des exportations en valeur, mais ne représente que 10 % du PIB et n’emploierait que moins de 5 % de la population… En Zambie, pays producteur de cuivre et de cobalt, l’activité minière fournit les trois quarts des exportations en valeur mais ne représente que 3 % à 4 % du PIB national et emploie environ 11 % de la population salariée, autant que le secteur manufacturier. En 2002, au plus fort du développement de la mine d’or de Morila, l’une des plus importantes d’Afrique et du monde, le secteur représentait à peine plus de 11 % du PIB national, alors que les exportations aurifères constituaient la même année 64 % des exportations du pays. L’une des pistes d’explication les plus classiques à ce phénomène touche à la rareté des groupes miniers locaux et à l’absence d’industries transformant les matières premières existantes. Plusieurs conséquences à cela : l’essentiel des bénéfices réalisés par les exploitants miniers n’est pas réinvesti dans le pays ; les groupes étrangers ont plutôt tendance à faire appel à des banques étrangères ; les produits miniers sont exportés bruts. Une analyse que répètent nombre d’experts. « Certains pays en développement ne sont pas persuadés du rôle des mines en tant que moteur de croissance. Ce qui explique que leur activité minière est caractérisée par l’existence d’industries très utilisatrices de capital, qui constituent autant d’enclaves détenues par des étrangers, dirigées par des expatriés et utilisant des intrants (principalement des équipements) achetés hors des frontières, souligne ainsi Antonio M.A. Pedro, auteur d’une étude sur les mines et la croissance économique pour la Commission économique africaine. De plus, les mêmes prétendent que les multiplicateurs de production, de revenus et d’emplois, ainsi que le potentiel d’apprentissage, sont plus faibles dans le secteur minier que dans d’autres secteurs comme l’industrie manufacturière. »

Ces critiques, les multinationales minières les prennent de plus en plus en compte, craignant pour leur réputation. « Nous employons de très nombreuses personnes en Afrique. Et nous versons à ces gens près de 3 milliards de dollars en tout, c’est plus que ce que nous versons à nos actionnaires, expliquait récemment Mark Moody-Stuart, président de l’AngloAmerican, cité par la BBC. Bien sûr, en tant qu’entreprise, nous devons faire de l’argent. Mais cela ne signifie pas qu’il n’y a pas de bénéfices pour d’autres personnes impliquées, comme le gouvernement, les employés, les fournisseurs et d’autres. » Pour autant, et malgré les énormes potentialités existantes, l’extraction minière n’a nullement, jusqu’à présent, entraîné - ou même plus simplement aidé - le développement économique de l’Afrique, alors que des pays comme l’Australie, le Canada et, dans une moindre mesure, l’Afrique du Sud se sont appuyés sur ce secteur pour bâtir des économies qui figurent aujourd’hui parmi les plus riches du monde. Après tout, si les mines ne sont nullement une solution aux problèmes du continent, et ce au même titre que le pétrole, elles apportent des devises et des revenus aux États. Autant de leviers potentiels pour des gouvernements qui n’auraient pas décidé de s’endormir sur leurs mines…

Les kadogos du Rap belge
 


7sur7    Street Soldats est le nouveau collectif dans le rap belge. Un rap sombre et hardcore assumé mais qui se veut surtout véridique. Début 2006, Micky, Profecy et Pirat décident de s’associer le temps d’un street CD, voire plus si le futur le veut. Profecy et Pirat posent sur la majorité des morceaux, épaulés sur quelques-uns par Micky, avant tout le beatmaker et producteur du projet. D'autres rappeurs viennent aussi assurer quelques collaborations. Habitants du quartier Madou (surnommé Bagdad) à Bruxelles, les Street Soldats expliquent que "la vie c’est la guerre et il faut avancer, aujourd'hui par le rap". Le terme Street Soldats évoque aussi indirectement les kadogo, ces enfants soldats du Congo qui vivent une tragédie trop peu racontée. De nombreux acteurs de la scène belge ne représentent pas une partie de la jeunesse d’aujourd’hui, qui se tourne donc vers le rap français hardcore. Street Soldats ramènent tout à coup à Bruxelles, ses quartiers, ses soirées et la violence de son quotidien.

Quels politiques?

Dominique STRAUSS-KAHN    "Je pense que la compétence est plus que nécessaire encore aujourd'hui qu'hier parce que le monde est devenu plus compliqué et que les affaires de l'Etat ont gagné en technicité. Mais je crois que c'est le responsable politique lui-même qui doit être compétent, et pas seulement ses conseillers, dont la tendance naturelle est de chercher à le transformer en perroquet."
 












 
 

Jacques Kimpozo Mayala Le Phare/MCN, via mediacongo.net    La cartographie politique de la République Démocratique du Congo présente un pays éclaté en deux grands blocs. La partie Ouest comprenant le Bas-Congo, Kinshasa, le Bandundu et l'Equateur serait sous la coupe de Jean-Pierre Bemba, tandis que la partie Est à savoir le Katanga, le Maniema, le Sud-Kivu et le Nord-Kivu serait contrôlée par Joseph Kabila.
 
Reuters Les millions de bulletins déposés  dans les urnes ont été acheminés des 50.000 bureaux de vote répartis dans le pays aux 62 centres de re-comptage."Ces centres sont une vraie pagaille et cela donne des arguments à ceux qui dénoncent des fraudes. Les élections peuvent se passer aussi bien que possible, le moment crucial est celui des résultats. Comment les gens vont-ils pouvoir vérifier les votes dans cette situation?" Dans un bureau de vote de Kinshasa, les agents électoraux ont ainsi ramassé des tas de sacs plastiques noirs, certains scellés, d'autres ouverts, qui contenaient des bulletins utilisés, inutilisés ou invalidés. AFP KINSHASA    Dans ce capharnaüm, la centralisation des plis - une simple enveloppe de plastique noire - semble pourtant la tache la plus aisée. Si, ça et là, certaines enveloppes ont été éventrées et leur contenu dispersé, le gros des documents trouve le chemin du bâtiment principal, où assis autour de tables en plastique, des agents vérifient que rien ne manque.De très nombreux bulletins errent loin de leurs urnes ou enveloppes d'origine. Ils ont été piétinés, déchirés. Un bulletin à la présidentielle, absolument valide, traîne à l'entrée d'une petite pièce où les documents s'accumulent jusqu'au plafond. Il a été détaché du talon où figure le numéro de série des bulletins. En cas de contestation, il est inutilisable.
 
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A spectacled Congolese checks the results of the presidential elections at a polling station (AFP/Jose Cendon)

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Riot police officers confront a group of election volunteers who were demonstrating asking for the 70 USD salary they were promised for their services during the vote. (AP Photo/Jerome Delay)

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An electoral worker picks through ballot papers. Chaotic counting centres and irregularities threaten to undermine confidence in the elections REUTERS/David Lewis
 

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An election worker marks a bag containing counted ballot papers from the election vote (AP Photo/Michel Euler) 
 
 
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