E'ville-Lubum : un cours d' eau disparaît

Publié le par Grand Beau et Riche Pays

 

C' est l' histoire d' un lac "découvert", et d' un canal "couvert"..

 

La ville de Lubumbashi doit son existence au premier gouverneur de province: Emile Wangermée. Elle doit avant tout son nom et son origine à la rivière éponyme. La capitale du cuivre devait avoir sa fonderie, et il fallait de l'eau pour refroidir les fours. C' est l' ingénieur américain Preston-King Horner qui choisit l' emplacement des usines et son  alimentation en eaux de la Lubumbashi au moyen d' un canal artificiel. Un barrage fut érigé et depuis, 100 ans, la rivière qui traverse la ville est séparée en deux cours d' eaux: le canal au Nord rejoint au sortir des usines le lit de la rivière qui coule plus bas en plusieurs cascades.

 

Club nautiqueEn 1965, est inauguré en amont du canal un second barrage pour former un lac de loisirs. En effet, la ville manque cruellement de plans d' eau.

Un Club Nautique s' installe et prospère.                       >>>

Les abords du lac sont une zone non constructible sur une profondeur d' au moins 50 mètres, pour l' accès et les promenades du public. Est épargnée la rive du Golf qui était installé depuis 1934. 

                                                                                                                                                              Plage.jpgCent années plus tard, accède au pouvoir un autre gouverneur de province qui n' a cure du passé. Il déclare que depuis 1910," les Lushois n'ont rien fait,  la ville  n'a fait que reculer". Lui, il voudrait faire de Lubumbashi, une autre Johannesburg. Il ignore le  merveilleux site de l' ancien c;lub nautique qu' un particulier a exproprié. Il implante son propre centre commercial et de loisirs.  

 

Cette installation occupe la bande réservée au public et empiète la ruelle sanitaire d' évacuation des égoûts de l' Hôtel Karavia. Le lac municipal destiné aux populations sert désormais à donner de la valeur aux constructions des nouveaux riches. 

 

jacinthes-copie-1.jpgPour agrémenter le nouveau complexe, il a fallu débarrasser le lac des îlots flottants de jacinthes d' eau. Des équipes les ont balancées loin des regard,s par dessus le barrage de 1965. Comme c' est devenu propre! Mais les plantes avaient basculé dans le cours de la rivière, s' étaient mises en ligne et sagement, et se mirent à flotter jusqu' au barrage de 1910 où le canal artificiel prenait son eau.

 

 

Les plantes s' accumulèrent contre le muret centenaire, s' y frottèrent si bien que sous leur poids, le barrage céda. Et dans une explosion immense --- de bouchon de champagne? --- , les eaux se précipitèrent dans les cascades, emportant tout. Et, depuis, à cet endroit, il n' y a plus rien ni personne pour régler la circulation des eaux et demander à une partie de s' engager à gauche, dans le canal. Tout est désormais et uniquement tout droit!

 

Sans titre 

Jamais de mémoire centenaire le cours de la rivière entre l' entrée du canal et la sortie des usines de cuivre n' avait été considéré pour recevoir la totalité des eaux. Même le pont qui avait été construit en 1925 avait une hauteur suffisante pour la moitié du débit. Avec la totalité, c' est trop. Et lors de grosses pluies, le pont est inondé.

 

Pont-2.jpg

 

Quant au canal qui ne reçoit plus d' eau, on ignore que tout le long il y avait des pépinières qui n' ont plus d' arrosage. Le cours d' eau artificiel recevait aussi le tout à l' égoût du haut de la ville et asséché, il est devenu une bombe bactériologique à retardement. Cela n' arrête pas l' ardeur des constructeurs: ils ont bouché l' accès au canal avec des briques et des pierres, au lieu d' un pont pour traverser. Ils vont souvent à  Johannesbourg où ils n' ont jamais vu de l'eau. C' est quoi ces histoires de canal? Des histoires anciennes!

  canal muré

 

Moralité:  qui veut  "recréer", s' offre de la " récréation"  ...

 

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