Decryptages par 47 crosses et mitres nationalistes

Publié le par Grand Beau et Riche Pays


Etat des lieux des ressourses naturelles : cas des titres miniers au Katanga

http://www.katanga.cd/katanga/economie/

Il y a 1312 titres miniers au Katanga dont :
• 1179 Permis de Recherche (90%)
• 2 Permis Exclusifs de Recherche
• 79 Permis d’Exploitation (6%)
• 4 Permis d’Exploitation de la Petite Mine
• 35 Autorisations de Recherche des Produits de Carrières (3%)
• 13 Autorisations d’Exploitation de Carrières Permanente (1%)
• 0 Autorisation d’Exploitation de Carrières Temporaire

43 titres miniers sont échus au Katanga en 2007 dont :
• 22 Permis de Recherche pour lesquels 18 évoquent des cas de force majeure
• 3 Permis d’Exploitation
• 18 Autorisations de Recherche des Produits de Carrières

213 titres miniers vont échoir au Katanga en 2008 dont :
• 206 Permis de Recherche
• 2 Autorisations d’Exploitation de Carrières Permanente
• 1 Permis d’Exploitation
• 4 Autorisations de Recherche des Produits de Carrières
• 10 Permis de Recherche ont été renoncés à ce jour

Cinq entreprises publiques minières sont implantées au Katanga :
• La Générale des Carrières et des Mines (Gécamines)
• L’Entreprise Minière de Kisenge-Manganèse (EMK-Mn)
• La Société Minière de Développement Industriel du Congo (SODIMICO)
• Congo-Etain
• La Cimenterie du Katanga (CIMENKAT)

131 opérateurs miniers sont répertoriés dont 112 sociétés (personnes morales) : 91% et 19 personnes physiques, soient 9%. Parmi ces opérateurs, 108 rentrent dans la catégorie « fondeurs » et sont détenteurs d’arrêtés ministériels dont:
• 37 disposent de fours en service
• 4 construisent leurs fours
• 43 n’ont pas encore matérialisé leur investissement
• 24 possèdent uniquement des dépôts de minerais



DECRYPTAGE 2006 -2008 PAR LES EVEQUES CATHOLIQUES

 

23 avril 2006 Wikipedia Le cardinal Etsou appelle les congolais à récupérer, lors des élections de 2006, leur pays des «mains des étrangers» : «Vous avez laissé ce pays entre les mains des étrangers qui sont en train de le diviser». «Nous ne faisons pas la politique ... l’Eglise catholique a le devoir de donner un message d’amour, de dialogue et de tolérance en cette période décisive de l’histoire de notre pays»,

Novembre 2006 Le Monde Jean-Pierre Tuquoi "Le pillage des ressources minières du pays est systématique. Rien n'est fait pour y mettre fin", dénonce le chef de l'Eglise catholique, le cardinal Nicolas Etsou

Décembre 2006 Les évêques catholiques dénoncent les valeurs négatives qui ont émaillé la transition politique du pays. « Absence de critère de moralité, corruption et vénalité à large échelle, achat des consciences, déficit de loyauté et de sincérité dans les alliances politiques, traîtrise et infidélité à la parole donnée, cupidité, au point que l’argent est devenu le critère des options et des actions dans la société, goût du gain facile, tricheries et magouilles, détournement des deniers publics, profanation des cimetières, mépris de la loi suivant des intérêts subjectifs et partisans, manipulation des chiffres, violences. Ces antivaleurs qui risquent d’hypothéquer l’avenir de notre pays. Car, un pays ne se construit jamais dans le mépris des valeurs morales »

Mars 2007 DIOSSO OLIVIER (Le Potentiel) " Que notre espoir ne soit pas déçu" « Pour nous, le temps de ne servir que les intérêts étrangers est définitivement révolu », font remarquer l’archevêque et les évêques de la province ecclésiastique de Lubumbashi .« Le peuple congolais n’est plus en mesure de supporter la néo-colonisation, moins encore de servir d’appât à l’enrichissement illicite d’une minorité des Congolais et de quelques étrangers jouissant de faveurs de certaines autorités au pouvoir ». Les évêques demeurent préoccupés par l’exploitation maffieuse des ressources naturelles. « Le Congo n’est ni à vendre ni à brader, fût-ce au nom des intérêts d’une minorité occulte. » Ces pasteurs exigent que tous les contrats miniers soient réexaminés par le Parlement. Car ils s’inscrivent en faux contre le fait que « les retombées économiques et sociales de l’exploitation minière au Katanga semblent presqu’inexistantes. Plus les investisseurs miniers envahissent le Katanga, plus la pauvreté, le chômage et le problèmes sociaux augmentent. »

Juillet 2007 AFP « A vin nouveau, outres neuves » L'église catholique appelle à une gestion "transparente" des ressources naturelles en vue d'amorcer la reconstruction du pays. "La plupart des contrats miniers et forestiers ne sont pas justes". Mgr Laurent Monsengwo invite les dirigeants congolais "au courage politique" et "à ne pas avoir peur" de s'attaquer aux "dossiers dits sensibles" des "contrats léonins" et des "détournements des biens publics".

Juillet 2008 « IL EST TEMPS DE NOUS REVEILLER » http://www.zenit.org/article-18451?l=french Les 47 Archevêques et Evêques lancent un vibrant appel à la vigilance " si nous voulons atteindre réellement le niveau d'indépendance tant rêvé par les héros nationaux. Un tel idéal ne se construit pas les bras croisés dans l'idée que d'autres viendront construire le pays à notre place. Il exige un engagement total de la population et des ses gouvernants. L'impératif doit maintenant être clair et absolument décisif : nous mettre debout en vue de construire notre destinée. Il est temps de nous réveiller » (Rm.13,11b), pour ne pas brader notre souveraineté nationale et trahir notre nation. Nous redisons avec force : « Le Congo n'est pas à vendre ». « L'avenir du Congo appartient aux Congolais"

Il y a encore beaucoup de situations préoccupantes qui risquent de mettre en danger l'avenir de notre pays si nous n'y prenons garde notamment la corruption, la misère sociale, l'insécurité, l'exploitation irrégulière et illégale des ressources minières et forestières. La corruption est devenue le cadre général de vie et d'action socio politique en RD Congo. Il y a péril en la demeure. A travers toutes les provinces du pays, des contrées entières semblent purement et simplement abandonnées par l'Etat dans un enclavement qui hypothèque tout développement pour les populations. Jusques à quand les habitants d'un pays qui en réalité dispose de tant de potentialités agricoles, forestières, lacustres, fluviales, doivent-ils continuer à se nourrir grâce à des programmes d'aide humanitaire? C'est scandaleux et inacceptable! Des constructions de luxe et des lotissements pour les grands ne doivent pas faire oublier la nécessité des logements sociaux, des écoles, des centres de santé. Nous tirons donc la sonnette d'alarme par rapport à la situation des démunis. On ne bâtit pas une nation sans une réelle politique de la prise en compte des besoins de la population ni de la valeur effective pour sa vie.

 

Nous sommes convaincus de l'impérieuse urgence de prendre à bras le Corps le problème de l'exploitation irrégulière, illégale, massive et abusive, des ressources minières et forestières de notre pays. Les contrats léonins et les trafics d'influence mettent à nu la cupidité de nos congénères autant que des étrangers. Nous faisons nôtre ce diagnostic lucide de l'Assemblée Episcopale Provinciale de Lubumbashi : « Il est clair que les minerais ne profitent ni à notre population ni à notre peuple. Alors que les bénéfices des investisseurs croissent sensiblement, les travailleurs, eux, s'appauvrissent davantage. Notre économie locale n'en tire apparemment pas le profit. Le peuple se demande à qui profite finalement l'exploitation minière au Katanga »


Plusieurs études menées par des experts fiables attestent que beaucoup de contrats consacrent le pillage et l'aliénation de la plupart des droits miniers sans aucune compensation réelle, à la hauteur des actifs cédés. Nous nous réjouissons notamment de la publication du rapport de la commission de revisitation des contrats miniers et des lettres que le Ministre des mines a adressé à 62 entreprises minières concernées par la revisitation des contrats. Cependant, la vigilance s'impose. C'est pourquoi nous continuons à demander au Gouvernement, au panel des ministres créé en mars 2008 1° de rendre public les termes de référence de renégociation ; 2° de recruter des experts Congolais et internationaux ; 3° de donner des mesures et des conditions de renégociation ; 4° d'associer la société civile à la renégociation.


Nous attendons de l'Etat l'engagement ferme de poursuivre dans la transparence la renégociation des contrats miniers dans l'intérêt du peuple congolais.