Zuma fait école!

Publié le par Grand Beau et Riche Pays


Le Président Jacob Zuma n' a jamais été à l' école classique ?
La médiocratie dominante et la décrépitude de l' enseignement 
invitent à fréquenter ... l' école de Zuma!


 
Zuma  avoue :  « les circonstances ne m'ont pas permis d'aller à l'école, j'ai décidé de me construire moi-même». Fils d'une domestique et d'un policier décédé,  il était trop occupé à garder les chèvres de son grand-père pour aller à l'école. Zuma n’ a pas été à l’ école, mais il n’ est pas illettré ! Il a appris sur le tard et sur le tas. Il y a en effet d’ autres écoles que l’ école classique dont le cursus est couronné par des diplômes. Mais cette école-là s’ est délitée, au Congo et on lâche sur le marché des têtes qui ne sont même pas pleines. On est loin de têtes « bien faites ». Ce qui exaspère le chaos dominant. Désespérés, plusieurs pensent à refaire l’ école avec les nouvelles générations et à mettre entre parenthèses les « ratés ». Pourtant, les fabricants reprennent ou rappellent des produits mal façonnés ou présentant des dangers. On devrait rappeler les diplômés universitaires pour réapprendre à apprendre. Zuma, autodidacte, montre qu’ il n’ est pas trop tard.
 
 
Y' a plus d' enseignement

Le Potentiel  Pour le sénateur Lunda Bululu     «  L’ enseignement primaire, secondaire, professionnel, supérieur et universitaire est en perdition aussi bien en ce qui concerne la conception des programmes en adéquation avec la culture et les besoins du peuple congolais, ainsi que les exigences de l’évolution du monde, que l’exécution des programmes actuels et les infrastructures. Il s’ensuit une inadéquation entre le diplôme délivré et le contenu de celui-ci. De même, la déperdition scolaire au niveau primaire et secondaire ainsi que l’absence d’une scolarité significative dans les milieux ruraux ne peuvent présager d’un avenir reluisant pour la RDC. Quant à la recherche scientifique, l’un des moteurs les plus importants du développement, tous les cris de détresse lancés vers le gouvernement en faveur de ce secteur, sont restés sans écho ». 

Syfia    
  Il y a 1.000 établissements d'enseignement supérieur et universitaire au Congo : 4 fois plus que la France, deux fois plus que la Chine ! Et pour ces 1 000 unifs, il n’ y a que 1 400 professeurs, la plupart proches de la retraite. Il a fallu 12 ans pour faire des médecins à l’Université Kongo (UK) de Mbanza-Ngungu, 5 ans de plus que prévu, car cette université privée n’a pas ses propres enseignants et recourt à des professeurs visiteurs qui viennent selon leur disponibilité. De plus, ces universités multiples sont elles-mêmes débordées. Plus de 35 000 étudiants fréquentent l’Université de Lubumbashi ! Les étudiants reconnaissent qu'ils n'ont pas de formation:"  Je n’ai jamais été enseigné par un professeur". Les professionnels se plaignent du faible niveau des diplômés. Un avocat qui reçoit des étudiants stagiaires ne cache pas son agacement : "Je me demande quel genre d’avocats nous aurons dans 20 ans. Ils arrivent chez moi sans une seule notion de droit. On les confondrait à des débutants, alors qu’ils sont finalistes"

<<< Taux analphabétisme en Afrique (UNESCO)

Radio Okapi    Mashako Mamba,  ministre de l’ enseignement supérieur et universitaire tranche :
« on a procédé à un essaimage inadmissible des institutions d’enseignement supérieur et universitaire, avec plus de 1000 instituts supérieurs et universités. 80% de ces établissements n’ont pas de bâtiments propres et sont dépourvus de bibliothèques et de matériels didactiques, et même de professeurs. Dans pareilles conditions, c’est plus des connaissances théoriques et livresques qu’on donne à des jeunes semi intellectuels qui ne pourront être utiles ni à eux-mêmes, ni à leurs familles ni à la nation.  L’ ensemble du système qui est gravement malade".
 

800 prétendues "universités"    http://syfia-grands-lacs.info/index.php5?view=articles&action=voir&idArticle=1402&PHPSESSID=353db05c5adcbfd145274561f0f6acaa   


DECRYPTAGE  
Marcel Yabili
  (Le Courrier de l' Enseignant)

Pour Emmanuel NKATSIL-ETSHOM, «  des milliers de congolais scolarisés sont analphabètes » même chez les étudiants à l’ université où la lecture de petits textes est laborieuse. C’est  « une véritable calamité quand on sait que ce sont ces personnes éprouvant d’ énormes difficultés sur des notions élémentaires qui sont appelées à assumer des responsabilités futures. ». Mais pour parler correct, cette tare n’ est pas tellement de l’ analphabétisme, qui caractérise les personnes qui n’ ont jamais été scolarisées. Elle devrait être qualifiée de «  illettrisme », notion récente ( élaborée dans les années 1980, après que l’ Unesco ait constaté que malgré l’école, une partie de la population s’avère être inapte en lecture). Mais quelque soit l’ épithète, le constat est grave et très alarmant.
 
Mais peut-on, sérieusement, ignorer tous ces handicapés de l’ enseignement actuel et peut-on être découragé parce qu’ ils n’ auraient pas de chances de s’ en sortir ? La réalité est que malgré la mauvaise qualité de l’ enseignement, nombreux sont ceux qui brillent d’ une intelligence naturelle ou travaillée et qui ne manqueraient pas de courage et de persévérance. De même, l’ enseignement n’ est pas que « bourrage de crânes ». L’ Unif « apprend à apprendre », à s' adapter à l' inconnu. Bref, le véritable apprentissage se poursuit toute sa vie.
 
Il est donc temps de remettre à l’ honneur les autres modes de formation, en dehors de l’ enseignement classique. Il y a d’ abord les autodidactes, ces gens qui sont conscients de leurs ignorances et qui sont déterminés à surmonter leurs insuffisances. Jacob Zuma en est l’ exemple. Il y a également tous les systèmes dits de « formation permanente » qui remettent à jour les connaissances théoriques et pratiques à travers des stages et des séminaires. Il y a surtout à briser la croyance selon laquelle le diplôme atteste les connaissances, et que le savoir est statique. Cela est faux, même si on a bénéficié de la meilleure formation. 


Notre déficit de l’ enseignement survient au moment où la Mondialisation et la compétition directe avec les autres Nations exigent une éducation de qualité. Fort heureusement, le savoir universel est en train de devenir plus accessible, même en dehors des d établissements d’ enseignement, en dehors des livres et des bibliothèques. Cela grâce aux CD, aux ordinateurs, et à l’ Internet auquel où peut même accéder sur son téléphone portable. Même l' Unesco l' acompris, en lançant sa "Bibliothèque Mondiale"  http://www.wdl.org/fr 
 
Néanmoins, ces «  portails » et ponts avec les centres de la connaissance exigent toujours la maîtrise de la lecture et de l’ écriture. Sinon, quelles réponses espérer, lorsqu’ on ne sait même pas écrire correctement les questions ?

De même, celui qui ne sait pas lire sur papier ne peut déchiffrer ce qui s’ affiche sur des écrans. De plus, les informations sont devenues abondantes, déroutantes et souvent, elles sont fausses. On doit pouvoir les trier grâce à de bonnes capacités de lecture intelligente.
 
Notre déficit de l’ enseignement est exacerbé par l’ absence d’ écrits scientifiques ou de vulgarisation dans les langues maternelles ou nationales. On ne discute même pas du classique «  traduttore, traditore » ( traduire est une traîtrise), car il n’ y a pas de traductions dans ces langues locales.

Actuellement au Congo, l’ outil disponible pour accéder  aux connaissances universelles reste la langue française qui bénéficie, heureusement d’ un taux élevé de traductions d’ ouvrages des autres langues. Il faut donc l’ apprentissage et la maîtrise de la langue de Voltaire ! Après l’ école scolaire, il y a l’ école de la Vie où les "victimes" de l' enseignement actuel peuvent se rattraper et se perfectionner chaque jour.

Et à cette école-là, beaucoup peuvent combler leurs handicaps. Ils le doivent.

                                       
                       


Traductions d' ouvrages scientifiques ( Manière de Voir - Le Monde Diplomatique 2009)
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