Trois à connaître, absolument

Publié le par Grand Beau et Riche Pays

Ils sont un peu comme quand on construit un passage piéton; "le noir n'apparaît que lorsqu'on a fini de peindre les bandes blanches, mais il existait avant !" 
 
 
 Indépendance Bla-bla
 
Kabongo"Bas les masques
" a été produit et présenté à Mons (Belgique) et au  Tarmac de la Villette (Paris - France). Dieudonné Kabongo y raconte " l'histoire d'un village oublié du colonialisme, pas encore découvert, et qui rêve d'exister. Mais à quel prix ? Faut-il repasser par le « processus normal » d'esclavagisation, d'évangélisation, de colonisation, d'indépendantisation? Est-ce que cela en vaut vraiment la peine ?". Pour l' artiste, « la colonisation, c'est un peu comme quand l'on construit un passage piéton. Le noir n'apparaît que lorsqu'on a fini de peindre les bandes blanches, mais il existait avant ! »

Marcel Yabili    Le sort nous avait placés sur des sièges voisins, au décollage de Bruxelles. " Votre visage me dit quelque chose" avais-je commencé. " Sans aucun doute " avait-il répondu, avec l' assurance gênée d' une célébrité qui chercherait à passer incognito. Il voyageait pour la première fois sur Kinshasa, depuis qu' il en avait été évacué lors des pillages de 1991, grâce à sa carte de "résident belge". Bruxellois depuis près de quarante ans, il ne veut pas prendre la nationalité belge. J' avais reconnu son profil en dehors du cadrage de la télé qui égayait nos week ends avec " Y' a pas match" de TV5. Puis, il a joué dans "Lumumba" que Raoul Peck a tourné au Zimbabwe. Depuis ces 7 heures de voyage commun, je cours derrière les spectacles de Dieudo. " L' invisible" lui donna l' occasion de m' introduire au monde de production artistique de Bruxelles, et à l' univers Matonge-Porte de Namur, où il ne vit pas.  J' ai lu que ce comédien, conteur, musicien, humoriste et citoyen engagé a 60 ans et " il continue de nous faire rire, à la ville comme à la scène..."

 
Dieudo? sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Dieudonn%C3%A9_Kabongo   et http://www.afrik.com/article20392.html  

 
Du Lumumba chez Racine

opéra LinyekulaFaustin Linyekula  est danseur et chorégraphe de danse contemporaine. Né à Kisangani en 1974, il avait parlé swahili  à la maison , mais français à l'école. A quinze ans, il prend ses premiers cours de théâtre au Centre culturel français. En 1993, il s'installe au Kenya où il commence la danse contemporaine. De retour au Congo en 2001, il s'installe un  temps à Kinshasa avant de retourner à Kisangani. Il  se produit à Avignon en 2003 et y revient en 2007 avec 'Dinozord", un spectacle mêlant « Requiem » de Mozart et break-dance et où se produit l' encore tout jeune contre-ténor Serge Kakudji.

En 2009, Faustin Linyekula,  met scène, avec sa compagnie de jeunes danseurs comédiens,  "Bérénice" de Racine au Studio Théâtre de la Comédie Française. En 2010, il récidive avec ",Pour en finir avec Bérénice", une version subversive, post-colonialiste, de la pièce vue depuis l' Afrique. Il l'articule sur les notions d'altérité, d'étrangeté et d'identité schizophrénique, étrangère à elle-même, et du Congo marqué par les résidus du colonialisme. Pour Fausto, « il ne faut pas oublier le passé, parce qu'il n'est jamais mort. Il peut toujours nous rattraper. ». Dans cette pièce en alexandrins, on y entend, en voix off, le fameux discours de Lumumba du 30 juin 1960, défiant le Roi des Belges.

 
 
Le plus jeune a de la voix
 
Opéra Serge Kakudji2Le chanteur Lyrique et contre-ténor, Serge Kakudji est né à Kolwezi  en 1989. A 6 ans, il découvre l’opéra à la télévision. À 7 ans, il est initié à la technique vocale au sein de la chorale d’enfants de la paroisse SNCC de Lubumbashi. Pupille de la Halle de l' Etoile de Lubumbashi, il remporte un vif succès au Festival international de la voix d’Harare, au Zimbabwe, en 2006. la même année, il  participe à la distribution de Dinozord de  Fausin Linyekula, à Kisangani. En 2007 c’est le festival d’Avignon et la rencontre (voir photo) de Laura Claycomb, une chanteuse lyrique américaine. En mars  2007 Serge Kakudji crée "Likembe opéra" , le premier opéra en langue swahili. Depuis, il enchaîne récital sur récital à Kinshasa, Paris, Bruxelles, Lisbonne, Amsterdam, Athènes…Établi aujourd’hui à Paris, il a chanté dans La Folie d’Héraclès, un spectacle de la Comédie-Française. En mai 2010, le magazine Jeune Afrique le classe parmi les " 50 personnalités qui comptent", celles qui font la RD Congo d’aujourd’hui et qui sont censées façonner celle de demain, cinquante ans après l’indépendance. Rien de moins!
 
Serge? sur http://sergekakudji.wordpress.com/about/
 
Kakudji chante Vivaldi Barbaro sur http://www.youtube.com/watch?v=wM6wU-123U4