Même pas à l' ombre d' un flamboyant

Publié le par Grand Beau et Riche Pays

 Kasumbalesa RDC ex<<< Entrée congolaise à Kasumbalesa  début 2011 
 
   (Suite)  Certains sont payés pour connaître certaines choses. Le Congo est payé pour savoir ce  qui se passe à ses frontières avec la Zambie. Un projet de poste frontalier zambien avait progressé pendant deux ans, sans qu’ on le sache, même au Katanga voisin! Et ceux qui sont payés pour le savoir se sont écarquillés les yeux subitement lors de l’ inauguration.  Tout a été décidé instinctivement, par envie. Et même pas à l’ ombre d’ un flamboyant, comme l' auraient fait les Sages anciens.
 
     
  Un problème réel, une solution israélienne
IPS Mufudzi Moyo Le 4 mars 2011, la société Zambia Border Crossing Company (ZBCC) a fait réceptionner le poste frontalier zambien de Chililabombwe. "Notre idée est de construire des installations frontalières modernes équipées des technologies de l’information et de la communication à travers la région”. L’entreprise nourrit le rêve d’un timbre pour les marchandises en transit (ITC), identifiant son chargement et sa destination finale, qui sera donné à un poste-frontière puis transmis électroniquement à tous les autres postes afin d’accélérer les processus de dédouanement. Cela réduirait à 10 minutes le temps passé à la frontière.
Un rapport de la Banque mondiale indique que les longs retards aux postes-frontières coûtent aux transporteurs plus de 300 dollars par jour. Par exemple, un voyage de 2.500 kilomètres de Lusaka, en Zambie, à la ville portuaire de Durban, en Afrique du Sud, dure en moyenne huit jours – quatre jours pour la durée du voyage et quatre jours aux frontières, coûtant environ 2.400 dollars. “ A Chililabombwe, les camions faisaient la queue pendant 5 jours, maintenant, ils passent la frontière en moins de 5 heures! ”
 
 
 
Les sucreries de Chililabombwe
Les Dvir propriétaires de la ZBCC exhibent la carte de visite de Baran Trade and Investment, une entreprise basée en Suisse et qui opèrerait en Europe de l’ Ouest, en Amérique du Nord, du Centre et du Sud, en Afrique centrale et en Asie du Sud Ouest. Mais les moteurs de recherche sur internet n’ en donnent aucun signalement ni activité. Tout commence avec le poste frontalier zambien de Chililabombwe, le premier qu’ ils aient jamais réalisé et équipé.
Tous sont impressionnés par la salle de moniteurs vidéos avec des caméras qui zooment sur la frontière et les véhicules dont on peut lire les plaques d’immatriculation. Les Dvir montrent les bureaux des services gouvernementaux des douanes et immigration. Ils annoncent un pont-balance, un scanner, une connexion internet avec large bande passante, un cybercafé, des restaurants, des banques, un dispensaire, des douches et des toilettes et une boutique hors taxes. Etc.
Ils racontent même une histoire http://www.ipsinternational.org/fr/_note.asp?idnews=6499 Un camionneur a eu la surprise de sa vie lorsque son employeur l’a appelé d’Afrique du Sud lui demandant pourquoi il avait siphonné du carburant de son véhicule pendant qu’il attendait de passer la frontière à Kasumbalesa. Des images vidéo le montraient en train de vider le carburant et de le remettre à des gens....
Bons enfants, les Israéliens annoncent qu’ ils emploieront la main d’ œuvre locale: du directeur au balayeur. Soient 250 personnes dont 50 affectés aux écrans vidéo et aux systèmes de Techniques de l’ Information. Ils envisagent de construire une école de six classes, un marché, et de débourser 120.000 USD par an pour les communautés locales.
 
Du trompe l’ oeil
Kasumbalesa Zambia bis
 
L’ écran vidéo montre la maquette de six voies d’ accès bitumées. Mais dehors, les véhicules font la file sur un terrain vague. Le bitumage sera réalisé avec les recettes...
La salle de monitoring est tapissée d’ écrans plats “domestiques”. Les opérateurs sont assis sur des chaises de jardin en plastique!
     Kasumbalesa-Zambia-ter.jpg
     
 
 
8.000 à 17.000 dollars par heure!
Les Dvir avaient commencé par parler d’ un investissement de 80 millions de dollars, réduit à 25 millions USD. Ils annoncent une seconde phase de 10 millions USD. La ZBCC bénéficie de 20 ans pour récupérer la mise. A l’ échéance, ils remettront les installations au gouvernement zambien.
Selon Avishay Dvir, le poste zambien opèrera 12 heures par jour pour faire passer au moins 600 véhicules à l’ entrée et autant à la sortie, soient 1200 camions par jour. Il y aura au moins 150 camions à l’ heure ( 90 à l’ entrée et 60 à la sortie). Côté zambien, chaque passage est taxé 19 USD à l’ essieu, ce qui représente une moyenne de 114 USD par camion, et une recette de 17.100 USD à l’ heure ou 136.800 USD par jour. Soit près de 50 millions de dollars par an et ...pendant 20 ans. Le journal Newsday zimbabwéen a estimé le passage de 1 camion par minute, et une recette de 8.840 USD par heure ou 70.720 USD ou 25 millions par an et pendant vingt ans!
 
 
Qui finance qui?
Un observateur raconte. “ Les investisseurs Israéliens n’ ont pas l’ argent. Les 25 millions du poste de Chililabombwe ont été financés par une banque sud africaine. La très grande rentabilité de l’opération permettrait de “moduler” l’ investissement. Lors de l’ inauguration zambienne, toutes les installations n’ avaient pas été réalisées. Donc, les 25 millions n’ avaient pas été déboursés. L’ éclatement du prix révèlerait la hauteur des frais et des intérêts bancaires, surtout des couts des “brevets” pour la “technologie” israélienne, le prix des travaux réalisés et la hauteur des travaux restant“à réaliser”. Ce qui n’ avait pas été réalisé à l’ inauguration sera payé avec les recettes que la ZBCC avait commencé à encaisser. Du coup l’ investissement réel n’ a pas été de 25 millions. Les pays africains ont été leurrés par la formule Partenariat Public Privé et le régime BOT ( Construisez, exploitez et remettez à l’ Etat). lls ne regardent pas les coûts, parce qu’ ils n’ avancent pas l’ argent”.
 
Et lorsque la vague israélienne touchera les berges congolaises, ce sera un Tsunami?
 
(A suivre)