Lorsqu' on prive le prophète de la vision du passé

Publié le par Grand Beau et Riche Pays

Lorsqu' un prophète célébré pour sa vision de l' avenir ne bénéficie plus des faits du passé. C' est la mémoire du Pays qui devient volatile. Telle une mémoire électronique, qui s' évapore avec le temps ou lorsqu' il y a interruption d' alimentation électrique.
  
Réhabilitation de Kimbangu en 1991
  
Le 3 octobre 1921, le Conseil de guerre de Thysville, actuel Mbanza Ngungu, avait condamné Simon Kimbangu à la peine de mort, pour atteinte à la sûreté de l’Etat et trouble à l’ordre public.  Il meurt en prison à Elisabethville, en 1951.

En 1991, le premier ministre Mulumba Lukoji avait saisi la Cour Suprême de Justice et obtenu la révision du procès de 1921.  Le jugement colonial a té annulé. En vertu de quoi, le 12 septembre 1991, la ministre de la culture, Muyabu Nkulu a décoré Kimbangu à titre posthume de la médaille du mérite congolais.

Moins de vingt ans après, on a tout oublié et on recommence!

En juin 2010, ( Le Vif ) 19 petits-enfants de Simon Kimbangu veulent la révision du même procès en Belgique, pour manque d' équité. 

Cependant, les chefs spirituels kimbanguistes s' opposent à l' initiative des 19 petits enfants ( LePhare) parce que « des milliers de personnes s’étaient sacrifiées pour accompagner l’œuvre de Simon Kimbangu.  On compte 37.000 familles et 150.000 morts. Y a-t-il une réparation possible qui n’associe tous ces martyrs, morts à cause du kimbanguisme ?"
Néanmoins, un procès de révision est ouvert le 15 octobre 2010 devant la haute cour militaire à Kinshasa pour  "réhabiliter la mémoire" de Kimbangu et  de 14 autres condamnés de 1921. " Puisque l’initiateur de l’église kimbanguiste été  élevé au rang de grand cordon de l’ordre des héros nationaux, son casier judiciaire devrait être vierge!"

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DIA  2004    Les prélats catholiques de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) ont constaté que les Kimbanguistes identifient nettement les trois fils du prophète Simon Kimbangu qui sont Kisolokele, Dialungana et Diangenda, aux trois Personnes de la Sainte Trinité. "Or celle-ci est la vérité sur laquelle repose la foi de tous les chrétiens et qui est l’enseignement fondamental dans la hiérarchie des vérités de foi ", estiment les Evêques catholiques. Et de poursuivre :" Ce mystère de foi ne peut en aucune manière être conçu à la mesure humaine". Pour la Conférence épiscopale congolaise de telles affirmations, qui manifestent l’idolâtrie et la divinisation des hommes, prouvent que la communauté Kimbanguiste n’est plus une Eglise chrétienne. "Par le fait de diviniser les trois enfants du Prophète Simon Kimbangu, elle nie la Sainte Trinité", affirment les Evêques. "Le Kimbanguisme est dès lors une religion non chrétienne, et doit être traité comme tel".


" C'est pourquoi, les relations de l'Eglise catholique avec le Kimbanguisme doivent être celles qu'elle entretient avec les autres religions non-chrétiennes. Par conséquent : - Le baptême kimbanguiste est invalide pour les chrétiens catholiques, puisqu'il n'est pas conféré au nom de la Sainte Trinité (cf.Mt 28, 19). Les chrétiens catholiques ne peuvent plus faire l'ocuménisme spirituel (prières ocuméniques) avec les Kimbanguistes".  La Communauté Kimbanguiste dont le titre officiel est « Eglise de Jésus-Christ sur la terre par son envoyé spécial, le Prophète Simon Kimbangu », a été reconnue officiellement par l'arrêté n° 2211/846 du 24 décembre 1959 du gouverneur de la province de Léopoldville. De par sa genèse, cette communauté est reconnue comme une fille dissidente de l’Eglise protestante. A ce titre, elle a été recommandée par l’Eglise du Christ au Congo auprès du Conseil des Eglises de Toute l’Afrique (Ceta) et du Conseil Œcuménique des Eglises (Coe).