Le désordre des priorités

Publié le par Grand Beau et Riche Pays

 

Un crash aérien de plus ne laisse guère d' indifférents. On parle de 73 morts, 47 blessés et 11 rescapés.Ceux qui prennent les avions congolais ou qui auraient pris le Boeing 727-100 immatriculé 9Q-COP et le vol E0-952 Kinshasa-Kisangani-Goma peuvent s' écrier comme

 G.P: "Dieu ait pitié de moi ! Et des Congolais !

 

 

08.07.2011    Le Boeing 727-100 immatriculé 9Q-COP et assurant le vol E0-952 a liaison Kinshasa-Kisangani-Goma, a, sous une forte pluie, raté la piste de 3500 m ( Nr 13 et Nr 31) de l’aéroport de Bangoka. La bible des pilotes Aeronautical Information Publication (AIP – Congo) n’ indique pas de procédures d’ atterrissage aux instruments. Mais on trouve des indications radio VOR (VHF Omnidirectional Range) et DME (Distance Measurement Equipment). Ces appareils étaient-ils suffisants? Ont-ils fonctionné réellement?
 

S. O’neil               Lorsqu'il est utilisé pour atterrir, le VOR sert à donner à l'appareil le cap vers le champ d'atterrissage. Le DME mesure la distance entre l'aéronef et la piste. Bien que tous deux  instruments soient utiles, ils ne permettent pas aux pilotes d'atterrir en très mauvaise condition météo, car ils ne sont  pas assez précis. L' « ILS » est l’instrument approprié.  L’ Instrument Landing System fournit aux pilotes un double guidage en cap et en altitude. Il semblerait que l'ILS de Bangoka est hors service depuis belle lurette.

 
Les crashes à Goma, en 2008 avec Hewa Bora et en 2009 avec la compagnie CAA, et en 2010 à Kinshasa avec Hewa Bora avaient eu lieu sur des longueurs de pistes réduites. Il fallait plus que le bon état des appareils et la dextérité des pilotes. Kisangani 2001 soulève des questions. Il y a eu un concours de mauvais temps, on se demandera si le B727 était en bon état, et si les pilotes étaient aguerris par des entrainements au simulateur et s'ils disposaient de bons réflexes pour des situations extrêmes.  

LePotentiel      Selon Hewa Bora le commandant de bord, Paul Mitris, était très expérimenté, avec 7.300 heures de vol  dont plus de 5.000 sur le Boeing 727.  Mais  l’état de l’aéroport de Bangboka devrait justifier sa fermeture. «Pourquoi pensez-vous que Kenya Airways n’atterrit plus à Kisangani ? ».  Le personnel de l’aéroport de Kisangani ? «C’étaient des stagiaires». Ils  ont mal orienté l’avion. Au lieu d’indiquer la piste 13,, ils avaient indiqué  la piste 31 qui n’était pas dégagée, et l’avion aurait heurté un arbre lors de sa descente,  à 1 km.

 

bangoka 3X

 

Mais ceux qui sont morts ou blessés avaient tous payés une taxe d' embarquement de 10$ destiné à améliorer les installations aéroportuaires et renforcer la sécurité des passagers. Qu' a-t-on fait de cet argent? A peine la manne s'était-elle accumulé qu' on l' a ponctionné pour bâtir une “ icône qui reflète parfaitement l’image moderne et entreprenante du Congo d’aujourd’hui”. Si, au sol, un équipement a manqué alors qu'on aurait pu l' acquérir, s' il y a eu une défaillance alors qu' elle pouvait être surmontée.

 

Le gouvernement reconnaît qu' il y a eu erreur de guidage au sol.

 

Alors, il y aurait eu non assistance à personnes en danger.

 

A  l' arrivée à Bangoka...                                                                                  ...  Au départ de Ndjili                  

 

Pavillon et crash

 Pavillons

 

La taxe spéciale IDEF ( taxe de fonds de développement pour les infrastructures aéroportuaires est de 10$ pour les vols intérieurs et de 50$ pour les vols internationaux) avait rapporté, fin 2010, plus de 29 millions USD. Les premières recettes ont servi à ériger le terminal présidentiel à l’ aéroport de Ndjili pour 11 millions de dollars! Par la suite, le coût des travaux a été porté à 34 millions!

 

Le désordre des priorités.

  

Les morts ne font pas oublier les affaires. La Sonas qui assure sa propre survie s' est empressée de dénoncer que Hewa Bora n' est pas assurée, parce qu' elle ne l' est pas chez elle!  De son côté Hewa Bora rappelle qu’elle a rompu avec la Sonas aprs le crash de 2008. la compagnie n’avait versé qu’environ 2.500 dollars par victime. La dernière fois qu' elle ' est manifestée, la Sonas assurait qu’elle attendait d’avoir les identités de toutes les familles des victimes pour commencer indemniser réellement...

 

Korongo Airlines, réclame sa licence d’opérer. Elle étale ses prestigieux actionnaires: Groupe Forrest International et Brussels Airlines qui couvre Lufthansa à 45%, le Groupe Virgin à 16,4%, des banques à 15,3% (KBC, Fortis, ING & Dexia), le Groupe Suez-Tractebel à 6,36% ou encore Brussels Airport (Macquarie) à 4,2%. Elle parle aussi d’actionnaires congolais, qu' on suppose de haute facture. Elle parle d’un investissement initial de 11,5 millions de dollars américains, dont 3 millions ont déjà été dépensés.

 

 

A relire:

 

L' ordre des priorités: http://congoreading.over-blog.com/article-l-ordre-des-priorites-40003581.html