Flambées de niches, ça fabrique des riches

Publié le par Grand Beau et Riche Pays

( SUITE) Le visage brille comme un flamboyant. Le regard qui illustre une envie insoutenable foudroie le nouveau poste frontalier de Chililabombwe, en Zambie. Il veut le même, “à l’ identique” dit-il.

 

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Cinq mois plus tard, il rassure, la main sur le coeur: sa seule idée est d’offrir à la RDC des bâtiments plus sécurisants. Mais c’ est une musique qu’ on entend déjà: on va améliorer les services, on va maximiser les recettes, mais il se crée des “niches”, comme pour mieux “dénicher”. Des concessions sont accordées en toute opacité à des opérateurs de services étrangers qui se sucrent aux frais des usagers. On va jusqu’ à les financer. Parce que la RDC est généreuse, surtout avec des étrangers peu connus.

 

Quelques cas récents.

 

Avenue Shangungu        Les véhicules en provenance de la frontière sont dirigés sur l’ avenue Shangungu. Là, il y a un entrepôt sans entrepôts. Les véhicules doivent entrer dans une parcelle étroite, y stationner quelques instants pour obtenir un sceau. La maneouvre est taxée. A Lubumbashi, les Douanes ont leurs propres installations, mais elles ne servent pas. Le service de pointage est concédé à une entreprise qui fait des recettes garanties, sur le dos des usagers. Le stationnement et le chômage des transporteurs est facturé aux clients.Il y a un coût supplémentaire pour la communauté, routes encombrées, défoncées et en détérioration des conditions sanitaires.

 

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BIVAC       Le bureau Veritas Bivac International vérifie toutes les importations en RDC “en vue d’améliorer les finances de l’Etat”. Le service est payé par les usagers et rapporte à Bivac des sommes faramineuses à Bivac. Comme l’ appétit vient en mangeant, Bivac propose “ un guichet unique” pour “ la sécurisation des recettes douanières et l'optimisation des procédures de dédouanement” Le guichet unique favorisera l'accélération du processus de dédouanement, sans impact négatif sur les recettes douanières”. Le service sera taxé aux usagers.

 

 
CTC      2008, le gouvernement signe avec la firme américaine CTC (Customs and tax consultancy) un contrat d’ assistance technique pour la réforme et la modernisation de l’’ administration douanière et permettant de réaliser 3 milliards USD de recettes douanières en 5 ans. La RDC paie 7,5 millions à la signature pour le recrutement et l’ installation de 63 experts de la CCT, et parmi lesquels se seraient trouvés des membres de familles de ministres... Fin 2009, la RDC accumule une dette de 35 millions. En mars 2010, la CTC plie bagages. En 2011, CTC réclame près de 1 milliard de dollars de dédommagements.

 

 
Diablanc     En 2009, il est décidé que “ tout diamant produit soit désoxydé, c’est-à-dire lavé de ses impuretés, avant exportation. Le traitement est confié à la firme Diablanc. L’ enreprise apporte “une révolution qui va permettre non seulement aux diamantaires de profiter davantage mais aussi au Trésor public de taxer des montants plus élevés”. Diablanc encaisse 2 dollars par carat de diamanat.

 

 
Pacific Trading     Juin 2010, les Douanes avaient aménagé pour 6 millions USD un erminal à Whisky à 7 KM de Kasumbalesa/Katanga. Pacific Trading obtient la gestion du site Whisky dans le but de “ maximiser les recettes de l’ ’Etat et réduire la fraude”. Les usagers sont obligés de passer par Whisky et de « payer le parking, la surveillance (10 à 28 dollars par véhicule) et bien d’autres taxes exorbitantes. La concession rapporte gros. “ Quand on soupçonne que la marchandise déclarée n’’ est pas conforme, on vous demande de payer 400 dollars pour décharger votre camion et 400 pour le recharger, soit 800 dollars pour un contrôle. On vous demande aussi 5 dollars la tonne pour l’’ ouverture d’’ un dossier à la douane” .

 

A Kinshasa, la même Pacific Trading a construit une chambre froide à l’ aéroport de Ndjili pour le compte des Douanes, mais c’ est elle qui exploite et facture l’ installation. La formule répond à « l'appel lancé à nous par le Président de la République à travers les cinq chantiers”.

 

 
Plaques véhicules     Des Allemands avaient proposé et obtenu la fabrication et la vente de nouvelles plaques d’immatriculation de véhicules. Naît une Utsch Congo qui encaissera, pendant 5 ans, 65 % du prix de vente. Pendant la même période, ils bénéficient d’exonérations à l’ importation du matériels de fabrication. L’ Etat gagne parce qu’ il y aura un transfert de technologie pour la fabrication locale des plaques. “ On s’ est mis au diapason des autres pays en fournissant aux automobilistes congolais des plaques personnalisées, facilement localisées et accompagnées d’une vignette de sécurité à placer sur le pare-brise comme « troisième plaque »”. L’ affaire est juteuse, rien qu’ à Kinshasa où l’ on comptait 180.000 véhicules, la plaque vendue 100 dollars rapportait près de 12 millions de dollar aux Allemands. Mais on apprit que le prix réel était de 28,5 dollars la plaque, et que 36,5 dollars prenaient une destination inconnue. Soit à Kinshasa, une cagnotte de 6,5 millions. Utsch Congo vait aussi obtenu un prêt de 850.000 $ par générosité du gouvernement congolais, pour l’ aider à faire face à certaines difficultés. Une année plus tard, le prêt n’ était pas remboursé!

 

SOPECO La route Kasumbalesa - Lubumbashi est sous contrat BOT avec les Chinois: ils ont construit, ils exploitent et ils remettront à l’ Etat après X années. Entretemps, les usagers déboursent aux postes de péage. Mais non ne voit pas de visages jaunes. On a créé la Société de Péage du Congo (SOPECO) qui récolte la manne et qui prélève des honoraires juteux. La rente chinoise est partagée avec des Congolais. La Sopeco gère aussi les autres péages routiers. Une niche pour faire une riche. 

 

 

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