Dieu n' est pas un fournisseur

Publié le par Grand Beau et Riche Pays

 

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La connerie générale serait tellement évidente qu’ elle n’ a plus peur de s’ afficher. Comme si personne ne la remarquerait, depuis qu’ on on a cessé de la traquer. Pour preuve, on n' avait pas été plus loin que la lecture du titre accrocheur du journal qui acclamait la présentation d’ un “ Airbus neuf”.  L' aéronef était même “pimpant neuf”. Mieux, l’ avion “ est le tout premier en RD Congo mais aussi en Afrique centrale”. Pour preuve, une lettre de Bruce Jones, Senior Vice-Président d’Airbus Industries.
 
L' extrait de la lettre donnait à lire ceci: 
" (cet) Airbus A320 (…) a été livré neuf depuis nos chaînes d’assemblage à Toulouse le 14 septembre 1993 à la compagnie Gulf Air basée à Bahrein ... il a été exploité par Gulf jusqu’au 10 mai 2006 sous l’immatriculation A40-EG, date à laquelle il a été vendu à la compagnie de Leasing Waha capital (Emirats arabes unis) et transféré à la compagnie espagnole LTE International Airways... Etc.  Avant d’ être basé à Ndjili, à l' âge de 17 ans .... C’ est du pimpant neuf!

 

Ceux qui profitent du crash

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Les déboires de Hewa Bora dont les aéronefs sont cloués au sol, profitent aux concurrents qui majorent les prix des billets et claironnent une couverture nationale.  Ils ont acquis de "nouveaux" avions,  des zincs pas "neufs".

 

Les deux A320 sont de 1990 et 1993. Le plus vieux semble le plus fiable, car il est en leasing auprès de  ILFC   ( International Lease Finance Corporation) basée à Los Angeles( USA) et,propriété de l’ assureur AIG.

 
Le compte des passagers n' y est pas. Retards de vols, stress, bagages perdus. D' autres se plient à leur triste condition. Ils ne sont que du cargo, et ils embarquent comme tels...   

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La piste du déroutage-détournement

 

5 chantiers ndjiliAprès le crash du B727, Kinshasa a ouvert une piste officielle. Celle de manquements au sol: dérouratage par la tour de contrôle et détournement de fonds pour les équipements... 

 

Le Parquet a incarcéré des employés de la Régie des Voies Aériennes ( RVA) pour “ non assistance à personnes en danger”.

 

Leministre de la Justice a indiqué que le crash de l’avion Hewa Bora Airways à Kisangani posait le problème de la gestion de la taxe IDEF qui “devait permettre de réhabiliter et d’entretenir les infrastructures aéroportuaires de l’ensemble du pays”. La R.V.A perçoit des passagers dix dollars américains pour les vols nationaux et cinquante dollars pour les vols internationaux”, contre remise d' une quittance appelée “GO PASS”. Le ministre de la Justice a instruit le Parquet d’ouvrir une enquête sur la gestion du compte GO PASS de la RVA.

 

En  décembre 2010, la ministre du portefeuille avait donné les détails de la destination de 34.970.600 millions de dollars sur les 29.736.510 millions de taxes encaissées. Le gouvernement ayant  pris en charge 3.267.467 pour le système de "sécurité présidentielle", les passagers ont contribué pour 31.703.133 millions. Les transporteurs aériens avaient contesté ces dépenses. La réalisation  trône en page 30 de l’ ouvrage consacré aux “5 chantiers”.   

   

L' autre piste renvoie à la page 30

Un mois après le crash de Kisangani, une photo suggère une explication « à vue d’œil ».  Alors qu’il devait se diriger droit sur la piste 31 ( Nb 310 degrés ou la direction Nord-Ouest – Sud-Est), le B 727 s’ est abîmé en bifurquant à droite… Pour preuve, la clairière creusée dans la forêt dense dans le sens Nord - Sud…

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Jacques L. explique :  Hormis l'incident d'origine technique (ex. arrêt d'un moteur), il y a une possibilité qui prendrait le pas sur les autres:  le windshear (cisaillement de vent) ou microburst (micro-rafales). Ces phénomènes sont connus et assez fréquents dans certaines circonstances. En phase d'approche finale, un avion est dans une configuration disons "critique" : maximum de trainée, minimum de vitesse; une variation brusque et violente de l'élément "vent" peut tout faire basculer car la marge de manœuvre est faible.                           Les "bons" aéroports sont pourvus d'instruments avertisseurs. Ce n'est pas Dieu qui les fournit, mais les autorités aéronautiques.

 

 

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