Commémorations et colères noires

Publié le par Grand Beau et Riche Pays

  On ne peut tourner autour du pot. Les morts du crash de Kisangani dénoncent un crime par défaut de prévoyance. Les équipements de navigation aérienne  n' existent pas ou ne fonctionnent pas. Voilà que l' on vante les "oeuvres" réalisées avant la sécurité et la  vie des gens!

   

Impossible de décolérer: ils ont manqué 800.000 dolls 

 

Bangoka-piste.jpgAvec Jacques L.          Les pistes de Kisangani Nr 13 et Nr 31 n’en font qu’une. 13/31 signifie une orientation à 130° dans le sens S-E et 310° dans l’autre sens N-O.  

  

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Le B727 avait été mis en service le 11 septembre 1965.

 

On a parlé de surcharge à cause de "passagers clandestins". C' est une habitude que des gens v oyagent avec des billets d' autrui. D' où une divergence dans les identités, mais pas dans le nombre des passagers... Et, même, le surpoids de passagers n' aurait pas constitué une surcharge fatale, car en arrivant à Kisangani, l'avion avait déjà consommé des tonnes de kérosène, et l' appareil était plus léger qu’au décollage à Ndjili.

 

Les 3 aéroports internationaux congolais ( Ndjili, Luano et Bandoka) sont de la catégorie CAT1, pour lesquels les instruments de navigation devraient indiquer aux pilotes une précision horiziontale d' au moins 550 mètres et verticale de 60 mètres.  Ces pistes sont en principe équipées en balises radio VOR,  mais celle de Kisangani avait déjà rendu l' âme. Seuls Ndjili et Luano ont des ILS ( Insrument Landing System), mais celui de Ndjili est en panne, et celui de Lubumbashi a été réparé dare dare, à la suite du crash de Kisangani.

 

Hypothèse : on connaîtra peut être les causes du crash de Kisangani. Mais le drame révèle des anomalies graves dans les installations aéroportuaires. Il y a des négligences et des  responsabilités au sol dans la mesure où un crash aurait pu être éloigné si cet aéroport était équipé au moins d' un ILS. L' argent ne manquait pas pour que des équipements de navigation existent et aient pu fonctionner convenablement. 

 

Des systèmes ILS pour aéroports sont en vente à partir de 800.000 dollars. Et il en existe d' occasion... bien  moins cher! Ebay vend des ILS embarqués à 2.500 dolls

 

 

 

... Et ce n' est pas fini: ils n' ont pas 1 million...   

 

 

Bangoka ADN-copie-1A Bangoka, aéroport de Kisangani,on aurait ramassé les corps et les membres n' importe comment. Va-t-on jamais honorer ces victimes de la sécurité aérienne, et les identifier pour des sépultures individuelles et dignes?

 

Car au même moment, et  16 ans après le massacre de Srebrenica, en Bosnie, 613 dépouilles, retrouvées dans des fosses communes et identifiées par des tests ADN  ont été enterrées au cimetière mémorial de Potocar.  

 

On ne décolère pas. La sécurité aérienne n' a jamais été le souci de Kinshasa. A Kisangani, la tour de contrôle n' avait pas de bandes enregistreuses des communications avec les équipages des avions. Le camion anti-incendie a mis longtemps avant de démarrer et de s' embourber.  Fin 2010, les passagers avaient payé 29 millions de dollars pour leur sécurité. Les mêmes qui doivent assurer la sécurité des personnes et de leurs biens ont pensé à leur propre confort au sol. Les équiments de navigation n' avaient pas été achetés, installés ou entretenus.

 

Et ce n' est pas fini. En novembre 2010, la Banque Africaine de Développement a lancé un "projet prioritaire  de 159 millions de dollars US pour la sécurisation de la navigation aérienne congolaise" avec l' équipement des aéroports internationaux de N’djili à Kinshasa, de Bangboka à Kisangani et de la Luano à Lubumbashi, en tours de contrôle, casernes de pompiers etc. Les appels d' offres avauient même été lancés avant cette date. On attend toujours que Kinshasa verse sa contribution initiale de 2 millions de dollars. Mi juillet, la RDC n' avait payé que 1 million... Si le paiement n' est pas complété avant novembre, le projet tombera.

 

 Quand les dieux descendaient au Temple

   

 Armsrong-Katanga-4X.jpg

Armstrong, je ne suis pas noir
Je suis blanc de peau
Quand on veut chanter l'espoir
Quel manque de pot
Oui, j'ai beau voir le ciel, l'oiseau
Rien, rien, rien ne luit là-haut
Les anges... zéro
Je suis blanc de peau

 

Armstrong, un jour, tôt ou tard
On n'est que des os
Est-ce que les tiens seront noirs ?
Ce serait rigolo
Allez Louis, alléluia
Au-delà de nos oripeaux
Noir et blanc sont ressemblants
Comme deux gouttes d'eau

 

de Claude Nougaro
Negro spiritual  « Let My People Go »

 

En 2001, pour les 30 ans de la mort du roi du jazz et trompettiste Louis ARMSTRONG le 6 juillet 1971 à New-York, on avait exhumé un enregistrement jamais édité jusque là. C’ est le Concert d’ Elisabethville en novembre 1960 au Théâtre de la Ville et au Stade de Kenya. Satchmo avait joué, notamment, le célèbre "What a Wonderful World" . En 1960, la capitale du Cuivre était fréquentable... et le Dieu du Jazz pouvait descendre au Théâtre de la Ville, véritable temple des arts et de la Culture qui avait accueilli des instruments qui avaient réalisé un enregistrement sonore de qualité internationale. En 2011, le CD est de toujours en vente. Mais le Temple est profané et, par sacrilège, on envisage toujours d’ en faire l’ annexe d’ un centre commercial.

On dénonce Washington d’avoir tenté d’ empoisonner Lumumba par la main de Larry Delvin, le chef d’antenne de la CIA. Mais la Maison Blanche avait aussi cherché des voies pacifiques avec des tournées d’ artistes du “Réarmement Moral” et, surtout Louis Armstrong fut envoyé en mission diplomatique pour tenter de réconcilier les “frères africains” Kazavubu, et Mobutu à Léopoldville, Moïse Tshombe à Elisabethville et les partisans de Lumumba à Stanleyville. Décapotables et Tipoyes. http://www.youtube.com/watch?v=TgItFk9q2bQ

Pour les concerts, il y avait Louis Armstrong ( trompette et voix), Trummy Young (trombone et voix), Joe Darensbourg ( clarinette), Billy Kyle (piano) Billy Crank ( basse) et Dany barcelona ( batterie), ainsi que deux dames patronnesses, impressionnantes de blanc vêtues et aussi importantes et rondes que des tonneaux.

 

15.000 dollars par seconde!

  Tshi-et-Bolt.jpg

Ils arborent tous les deux leurs portraits sur la poitrine. Le vieux à la recherche d’ une couronne fait vilain et prétentieux. Mais le champion ne choque pas; il est l’ empereur des extravagances! Ses participations sont payées 300 000 dollars, soit, pour un 200m, 1 500 dollars le mètre... Avec un chrono de 19 secondes, le Jamaïcain engrange 15.000 dollars par seconde d’ effort...

 

 

 

La fabrique des dieux du stade

   

 

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Pour avoir aligné irrégulièrement Janvier Besala Bokungu, 22 ans, T.P. Mazembe a été disqualifié du championnant africain 2011. Malgré les recours, comme les autres équipes ont progressé dans le championnat, la campagne 2011 est bel et bien terminée. La bourde révèle la précarité du

 

Mazembe accuse les Clubs nordiques ( arabes) de ne pas accepter la prédominance de formations sportives du Sud. Mais c’ est Simba de Tanzanie, un club du Sud qui a porté plainte. Et dans une vaine tentative de conjurer le dossier, et par coïncidence, Mazembe avait remis à Simba 150.000 dollars pour lui emprunter pour trois ans l’ attaquant Mbwana Samatta qui empocherait le tiers.

 

Voilà une équipe qui avait obtenu deux couronnes africaines par le talent des joeurs de la Commune Kamalondo à Lubumbashi, et sans argent. Désormais, elle carbure aux dollars, avec des stars africains. Mputu Trésor aurait  un cachet de 75.000 dollars par mois. L' équipe a un bus de 400.000 et  aurait acquis son "propre avion". Les responsables avancent un budget de 15 millions.

 

Mais d' où vient cet argent? Les spectateurs reçoivent casquettes et des T shirts gratuits. Il n' y a pas de vente de cartes de membres. On annonce tout de même la mise en vente de sacs en papier...  

 

Il reste évident que ces dépenses à fonds perdus n' ont rien à voir avec le sport, dans un pays de pauvreté. 

Le football est pourtant une bonne machine d' éducation pour la conduite et l' aboutissement d' actions collectives: la couronne revient au butteur final, mais ce sont tous les 11 joueurs qui y contribuent.  En plus des bonnes manières, du fair play...