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Publié le par Grand Beau et Riche Pays

2 juin 2010. Cinq mois après la découverte du corps de Chebeya, les causes véritables de sa mort subsistent et menacent tout le monde. Déjà on a le rythme cardiaque qui change à la vue de simples policiers de la route. Ces routes qui passent devant des lieux de torture.  
 

L'Express Vincent Hugeux  http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/qui-a-tue-floribert-chebeya-en-rdc_927567.html  Le meurtre de Floribert Chebeya, jette une lumière crue sur les maux qui rongent l’ ex-ZaIre: brutalité, opacité, impunité. Il révèle aussi les travers d'un pouvoir autiste, arrogant, miné par les luttes de clans, le primat de la force sur la loi, l'insigne faiblesse de la justice et l'emprise orwellienne de l'appareil sécuritaire - armée, police, services de renseignement. Il dévoile enfin une tenace propension à manipuler les faits comme l'opinion.  

L’ autopsie a confirmé que Chebeya était sous stress, “terrifié”
 
11.06.2010   AFP L’ autopsie réalisée par le Dr Franklin Van de Groot, assisté des médecins légistes néerlandais Ronald Robert Otsen,  Pim Christiaan Volkers, et  Sylvain Carl Arne Roos a indiqué des anomalies préexistantes au niveau du muscle cardiaque. Les risques de complications cardiaques augmentent en cas d'accroissement de l'activité du coeur (effort, stress). On a relevé des lésions cutanées superficielles (...) avec épanchement de sang sur les poignets, les avant-bras et les jambes. Ces lésions sont "la conséquence de l'application d'une contrainte externe par enserrement, compression ou chocs", comme un "garrotage serré, la mise en place de liens, des coups, des heurts ou d'autres formes de contrainte mécanique".
 
Chebeya avait parlé de sa “peur”
 

CongoIndépendant    La veille de la découverte de son corps, Floribert Chebeya, pressentant le danger, avait envoyé à 17h05  un ultime SMS à son ami anversois Ronald Vanden Bogaert : «Cher ami, dans vingt-cinq minutes, je dois être reçu par John Numbi. Je ne peux pas ne pas vous avouer que j’ai peur… ».

Chebeya se souvenait des tortures de l’ année précédente
 
09.04.2009   Une vingtaine d’ ONGs des droits de l'homme se plaignent contre l'ANR pour arrestation arbitraire, détention illégale, torture et mauvais traitements contre, notamment, Floribert CHEBEYA. Il a été malmené, soulevé et projeté dans les escaliers, blessé au bras droit par des menottes et son pantalon déchiré. Ils ont été dépouillés de leurs effets personnels (chaussures, ceintures, montres, téléphones portables, argent, etc.) et sommés de s’asseoir par terre avant d’’être transférés au cachot de la Direction des Renseignements Généraux et des Services Spéciaux de la police (DRGS) à Kin-Mazière. Là, ils ont été qualifiés de criminels, ennemis de la paix par le colonel Daniel MUKALAY. L’ officier demande à ses agents de les traiter «   conséquence ».
 
En 2010, le même colonel Daniel Mukalay a été le premier officier de la PNC qui a été mis en cause dans la mort de Chebeya.
 
Un climat permanent de terreur
 
En novembre 2008, le rapport  " On va vous écraser"  de HRW  s’ inquiète que la transition démocratique du Congo est fragile, mais aussi que le gouvernement restreint brutalement l’espace démocratique.   http://www.hrw.org/en/node/76199/section/2
 
En juillet 2009, la FIDH énonce la " dérive autoritaire" du régime. Une volonté manifeste de faire taire toute opposition politique. La société civile est assimilée à l’opposition politique et  paye le prix. La pratique systématique de la torture et autres peines ou traitements cruels inhumains ou dégradants.
 
DECRYPTAGE

Dans la capitale et à deux pas des ambassades et des institutions “démocratiques”, on torture. Encore et encore.

Il y a l’ ANR. Il y a Kin Mazières.

Tant que ces lieux existeront, ils seront utilisés et il y aura des victimes.

 

Le scandale qui survivrait à Chebeya est celui-là.

 

 

Le 11 décembre 2008, John Lumbala Tshidika, ancien directeur des Ressources humaines à la Banque Congolaise (BC) est arrêté par l' ANR.  Il a subi plusieurs fois la torture

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Photo John Lumbala Tshidika photographié par un inconnu lors d’une séance d’interrogatoire à l’ANR.