C' est donc çà, Jobourg?

Publié le par Grand Beau et Riche Pays

 
A occasion du centenaire de Lubumbashi, le gouverneur de province avait dit que pendant les 100 ans passés: " les Lushois n'ont rien fait,  la ville  n'a fait que reculer". Lui, il voudrait faire de Lubumbashi, une autre Johannesburg. On peut voir déjà ce qui est fait, en dehors des sentiers battus.
 
Paradis perdu pour un écrivain
  
Kabasubabo WC
C' est derrière le mur jaune que l' écrivain écrivait. On lui a flanqué des toilettes sur le trottoir, en plein croisement de rues.
 
Il faut sauver le citoyen. Il faut sauver l' écrivain. Voilà un octogénaire qui a choisi de vivre à Lubumbashi, il y a près de quarante ans.. Mais un congolais exceptionnel. Il produit un livre par an. Et c' est à partir de sa grande terrasse qu' il pianote sur son ordinateur portable des textes dont l' inspiration puissante ne souffre pas des brouhahas des foules qui se pressent derrière son mur de clôture.
 
Il avait  cru bien faire de dénoncer les usagers de minibus qui stationnent sur l' un des côtés de sa résidence. Ils urinent, même en pleine journée et sans aucune pudeur, contre son mur de clôture et les arbres publics. Les odeurs dégagées envahissaient sa  parcelle, sa maison d’habitation. sa vie paisible.
 
Pour une personne âgée, et pour son épouse qui continue à lui concocter des plats savoureux, ces odeurs nauséabondes et acides, c' est mortel. Quand on a la respiration polluée, on n' a plus de tête. L’ écrivain était littéralement guillotiné. Plus de tête, plus d' idée. Plus de vie.
 
Il avait demandé aux autorités de « tout mettre en œuvre pour trouver une solution à ce désordre qui préjudicie aux paisibles résidents ». Leur réaction? «  Il ose se plaindre des odeurs des urines? nous lui en donnerons davantage! ».  Leur solution a été de construire des WC publics sur le trottoir, au centre Ville. Qui, plus est, manque d' eau. A cet endroit, les services de l' urbanisme avaient refusé d' implanter dans sa parcelle une alimentation, pour question de visibilité des véhicules au croisement de trois avenues. Et les toilettes publiques sont posées sur le trottoir et en plein champ visuel.
 
Avec cette construction, les gens pissent davantage. Les odeurs sont plus fortes et permanentes. Paul Kabasubabo a été obligé de s' expatrier pour achever "Elongi-sanza se choisit un mari" un roman qui suivra " Ma vie est un combat", " La lune est-elle habitée" et " Congo ... qu' ont fait nos pères du paradis?".
 
 
C’ étaient belges, les égouts
 
Av Lunda 1
 
Marie vit toujours à Lubumbashi où elle est née. En 1961, des Sudafs avaient asphalité l' avenue Lunda, à la Commune Albert/Kamalondo, à titre expérimental, en posant le goudron directement sur de la lattérire stabilisée. C' est la technique que les Chinois ont reprise cinquante ans plus tard. A l' époque, les Sudafs avaient commencé, comme il se doit, par aménager et préserver le réseau d' égoûts courant sous le milieu de la chaussée, avec un chapelet de bouches en fonte. La Commune est bâtie autour d' un système du "tout à l' égout", des toilettes individuelles, aux rues jusqu' à une station d' épuration.

Elle est aussi octogénaire. Un jour, des engins ont été amenés pour recouvrir la chaussée d’ une nouvelle et épaisse couche de bitume. Dans la précipitation et le triomphalisme des réalisations à “impact visible”, on n’ a pas voulu perdre de temps à curer les égouts souterrains ni à en préserver les bouches.Tout a été recouvert, enseveli sous l’ asphalte. Maintenant, c’ est propre, c’ est lisse. C' est Johannesbourg.Les égouts? c’ est une vieille idée coloniale. Les eaux souillées des maisons n' ont plus qu' à couler dans des rigoles ouvertes!