Analyser et prévenir les viols aux Kivus

Publié le par Grand Beau et Riche Pays

Les viols des femmes au Kivu, comme s' il n' y a plus que cela au Congo. C' est un monopole injuste pour les autres problèmes. De plus, le sujet est traité au second degré.  Il n' y a pas encore eu d' étude psychologique sur les violeurs, ni d' actions préventives pour les victimes
 
15.10.2010    Selon des représentants de l' ONU, "Les meilleures données disponibles suggèrent que plus de 15.000 viols ont été commis l'an dernier dans l'est de la RDC". "Il y a des informations de soldats de maintien de la paix de la Monusco sur le terrain selon lesquelles des viols, des tueries et des pillages ont été perpétrés par des soldats des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC)",

17.10.2010    Vêtues de pagnes colorés, chantant et dansant, près de 20.000 femmes ont défilé à Bukavu, contre les violences sexuelles commises par des groupes armés. Elles portaient des banderoles ou pancartes sur lesquelles on pouvait lire: "Non au viol comme arme de guerre", "Non au terrorisme sexuel", "Au secours nous périssons", "La paix durable nous manque", "Pouvoir aux femmes et aux filles", ou encore "Stop aux mariages précoces"....
 
L' explication courante: de l' extérieur

Juillet 2008    CongoForum Guy De Boeck    http://www.congoforum.be/fr/analysedetail.asp?subitem=&id=146251&analyse=selected      Les viols seraient des viols au sens classique du mot : des rapports sexuels obtenus sous la contrainte. Ils viseraient donc à l’utilisation de la femme comme partenaire sexuelle, non à sa stérilisation, a sa destruction physique, morale ou sociale. Mais dans le contexte de la guerre recurrente aux Kivus, il s’agit moins de jouir de la femme sans lui demander son avis, que de la détruire par des actes qui, d’ailleurs, n’ont plus qu’un lointain rapport avec la sexualité. Forcer un pénis dans un vagin non-consentant peut encore passer pour de la sexualité. Mais quand on se met à y planter des piquets, des baïonnettes, des grenades et Dieu seul sait quoi encore, on est dans la torture pure et simple et si un mot vient spontanément à l’esprit, c’est celui de sadisme, et non de sexualité.


La recherche d' une explication: de l' intérieur

Il est grand temps que les historiens et les psychologues s' occupent du cas.

 

DECRYPTAGE    Jusqu' à présent, on se limite à condamner et à comptabiliser l' horreur. Il n' y a toujours pas d' explication. Lorsqu' on dit que le viol est utilisé comme "arme de guerre", c' est court si on ne l' intègre pas dans les pratiques guerrières. Depuis la nuit des temps, les femmes ont été des butins de guerre, c' est-à-dire des esclaves sexuelles. Pour les vainqueurs, et des objets de valorisation pour les vaincus. Même des armées "civilisées" connaissent des abus sexuels.


Mais comment cela persiste dans les Kivus?  Parce que sans doute, la violence en général y persiste. C' est une région sous stress social intense et persistant où les gens ont perdu leurs répères et sont enclins à la violence sous toutes les formes. Du coup le viol ne serait pas un phénomène isolé, à traiter séparément.


Pus concrètement, c' est la pratique courante de ne pas payer les soldats et les miliciens. On les laisse "se servir". Les soldats impayés recrutent les populations pour le portage, la construction des huttes et la cuisson des aliments. Ils rançonnent la population pour prendre leur argent, leur nourriture. Et, ils prennent aussi le sexe des femmes.


La recherche de la prévention

AntiRapet001.jpgDECRYPTAGE   La dénonciation ne suffit pas. Il faudrait protéger les femmes.

En règle générale, la société congolaise a la culture de la "copulation quotidienne", du culte de la virilité pour s' affirmer et mériter du respect. Cela se paie en période de violences, et en violences sexuelles.

Ensuite, les femmes s' habillent en pagnes. C' est un cache sexe fragile que le violeur enlève, sans efforts. Les femmes seraient moins exposées si elles étaient habillées en pantalons, et mieux, en jeans. C' est des jeans qu' il faudrait envoyer et vulgariser aux Kivus.

<<<  Enfin , et depuis 2005, existe un préservatif féminin contre les violeurs. Le Rape X . La " femme porte préventivement ce préservatif comme un tampon. Il est composé d'une membrane dure contenant à l'intérieur des mini-harpons qui empêchent le membre introduit d’être retiré autrement que par un acte chirurgical, sous peine de douleurs et de lacérations".