Le temps des frondeurs

Publié le par Grand Beau et Riche Pays

 

Le "tapis-frontière" de Frontier 

 

KatangaNews QUIPROQUO/Hebdomadaire du Katanga      Kishiba, était un petit village assis sur un gisement fabuleux de cuivre. Il vient d' être déplacé vers un autre site appelé Kifumba pour permettre le projet minier "Frontier" de First Quantum. Doté d’une cinquantaine de maisons construites en dur et tôlées, Kifumpa est maintenant une cité en pleine brousse, dotée d’infrastructures sanitaires, d’un marché et même d’une église qui fait également office d’école. Pour accepter de partir de la terre de leurs ancêtres, chaque habitant de ce village a reçu une indemnisation pour sa hutte, ses champs et même pour les arbres, fruitiers et autres. Frontier Sprl affirme avoir réalisé un investissement d' environ 260 millions de dollars pour produire 80.000 à 100.000 tonnes de cuivre contenu. Le minerai sera concentré au Congo, mais convoyé directement en Zambie par tapis roulant...pour y être transformé en cuivre en métal.

 
Les frondeurs  de l' ULB

" L’asbl belge CERCO-ULB (Centre d’étude, de recherche et de coopération belgo-congolaise), animée par des Congolais, est très active dans la dénonciation des exportations frauduleuses de richesses du sol et du sous-sol congolais. L' ASBL se veut un lobby de l' économie internationale, une tribune de contrôle, de recherche et de dénonciation de toute personne ou entité impliquée dans le pillage des ressources de la RDC en exécution de l' article 67 de la Constitution congolaise qui donne " à tout congolais un droit subjectif de défendre son patrimoine national"    Forum Africatime    Une délégation de CERCO-ULB avait été reçue par les responsables du « Point de Contact National belge » de l’OCDE (Organisation pour la coopération et le développement en Europe) pour accuser les Entreprises Georges Malta Forrest (EGMF) de transgression du titre II point 11 des principes généraux de l’institution selon lequel « toutes les entreprises devraient s’abstenir de toute ingérence indue dans les activités politiques locales » et du titre VI qui interdit aux entreprises de verser « des contributions illégales aux candidats à des charges publiques, aux partis politiques ou aux autres organisations politiques ». Et de citer à l’appui une lettre du PPRD (Parti du peuple pour la reconstruction et le développement), laquelle remerciait le groupe Forrest pour sa contribution financière. 

CongoTribune    CongoIndépendant Amba Wetshi    CERCO-ULB  a déposé une plainte auprès du juge Bruguière à Paris contre Joseph Kabila – qui était le bras droit de James Kaberebe, chef des opérations des troupes de l’AFDL lors de la guerre 1996-1997 dans l’ex-Zaïre - pour complicité dans les massacres des Congolais et Hutus rwandais dans la localité de Tingi-Tingi dans la province orientale. Pressentant l’obstacle pouvant surgir de l’immunité accordée aux chefs d’Etat en fonction, le CERCO argumente que : « (…) en vertu de la Constitution et de la loi électorale en RDC, seuls les citoyens congolais peuvent être électeurs et éligibles ; or, Monsieur Joseph Kabila ayant fait un service militaire obligatoire en Tanzanie après ses études secondaires, avait perdu d’office la nationalité et la citoyenneté zaïroise de l’époque et la nationalité congolaise d’aujourd’hui, cette nationalité congolaise étant une et exclusive (…).»     Bernadette Van kerckhoven    CERCO ULB a cité l' Office belge du Ducroire par le  devant le tribunal correctionnel de Bruxelles, parce que " la SA DUCROIRE a aidé Monsieur Georges Arthur Forrest (GAF) à monter une escroquerie sur la GécaminesL " Le contrat de création de la Joint Venture Gécamines - OMG - EGMF prévoyait le traitement de la scorie du terril de Lubumbashi dans deux fours électriques suivi d' un affinage dans un convertisseur à  lance verticale pour garantir la production d' un alliage blanc à +/- 35% de cobalt. Les poussières zincifères  tant du convertissage que des fours de réduction seraient la propriété de Gécamines et l' alliage blanc produit serait vendu exclusivement à OMG. Cependant lors de l' exécution du contrat, le flow-sheet de traitement a été limité à un four électrique de réduction au lieu des deux fours, ainsi qu( à la suppression du convertisseur. Cette nouvelle configuration du procédé entraîne la production d' un alliage blanc à 17% de cobalt...

Les décortiqueurs du Jeune
 
Le Nouvel Observateur René Lefort    Corruption et prédation, pratiquées à la fois par la classe politique et des entreprises étrangères, étaient des piliers du système Mobutu. Mais au moins, pendant « l'âge d'or » de Mobutu, la Gécamines fournissait à elle seule 25% à 30% des ressources de l'Etat. Aujourd'hui, le secteur minier contribue pour moins de 1% au budget public. Sans revenus, l'Etat est une coquille vide. Sans Etat fort, pas de revenus. Le vieil adage : «Ce n'est pas un Etat, c'est un hold-up» se confirme toujours.    Le Potentiel Médard Muyaya interviewe Azarias Ruberwa :    " On est rentré à la case départ de la pensée unique".     Le Nouvel Observateur René Lefort    Les parrains internationaux de la «transition démocratique» s'extasiaient de ce «succès majeur pour le continent africain». Mais l' l'intervention étrangère aura scellé «une association entre seigneurs de la guerre d'hier, transformés par la volonté de leurs parrains en acteurs politiques, et pilleurs-prédateurs, toutes nations confondues». Comme le relevait l'ambassadeur du Royaume-Uni, «nous avons pensé que nous avions guéri l'esprit de guerre avec des élections libres et transparentes. Il est toujours là».    Le Soir Jason Stearns, analyste senior pour l'International Crisis Group        Ceux qui pensaient que les élections au Congo inaugureraient une période de paix ont été déçus. Le gouvernement congolais a malheureusement montré qu'il privilégiait les tactiques de guerre plutôt que la consolidation de la démocratie. Kabila s'en est d'ailleurs vanté: « Est-ce qu'il y a des négociations à faire ? Je ne pense pas. Cette fois-ci, il s'agit de faire appliquer la loi. »     LaLibre Marie France Cros    Joseph Kabila n'a aujourd'hui plus d'adversaires politiques. Etienne Tshisekedi n'a pas participé au processus électoral et n'est représenté dans aucune institution; malade, il est en Afrique du Sud et laisse son parti désemparé. Jean-Pierre Bemba n'a plus d'armée, est hors du pays et les siens harcelés; son parti a déserté l'assemblée nationale. Azarias Ruberwa n'a plus d'armée et n'est élu à aucun poste. Quel chemin parcouru depuis la fin de la guerre, qu'aucun des camps en présence n'était militairement capable de gagner !

Les déséspérés du Vieux
 
Le Soft  T. Kin-kiey Mulumba.     Sur tous les dossiers, on attendait que le Gouvernement prenne la mesure de la situation et se mette face aux défis en montrant la direction …Mieux, quel silence terrible! On attendait un signal fort, une reprise en main ferme, déterminée, des affaires de l’Etat après des années transition cahin-caha. On voit tout le contraire. Inquiétudes, appréhensions, retour de la manivelle…    KINSHASA (AFP) Georges TEMBA      Le gouvernement de la RDC fait du sur-place et peine à entrer en action près de deux mois après son investiture. "Il peut y avoir de très bonnes raisons au retard dans la mise en oeuvre de projets", tempère un diplomate occidenta,l "mais encore faut-il l'expliquer aux gens. Il y a un véritable défaut de communication du gouvernement".    La Libre M-F Cros    Le problème, c'est d'abord et avant tout la quasi-absence du gouvernement. Ce dernier  ne s'est réuni que trois fois, dont deux fois brièvement, pour mettre au point un communiqué, et une fois pour discuter de... la vente d'alcool en sachets.     Le Nouvel Observateur René Lefort     Après un tour des ministères pour proposer ses services, un expert d'un cabinet d'études est revenu stupéfait du décalage entre la situation du pays et l'attitude de ses dirigeants. «Non seulement leurs dossiers sont vides, a-t-il constaté, mais ils sont encore plus gourmands! La plupart sont des néophytes avec une carrière très ordinaire et, au mieux, une bicoque et une vieille bagnole. Ils se disent : c'est maintenant ou jamais!»     La Libre M-F Cros        "Au total, la seule partie du gouvernement qui est honnête n'a pas les moyens de rester longtemps au pouvoir. A cette allure, on va vers une explosion du cabinet." Le cabinet Gizenga est en effet plombé par l'âge du Premier ministre (83 ans), qui le rend incapable de fournir l'énorme quantité de travail nécessaire pour remettre le pays en route; par l'insuffisance d'élites dans son parti, le Palu (parti lumumbiste unifié); par l'inexpérience de ses ministres. "Le Premier ministre est mou, il ne dit rien". " Gizenga est-il dans la logique du chef coutumier à qui on a fait des promesses et qui se contente d'être chef, sans se préoccuper de servir ? Voilà des années qu'il est éloigné de la politique, qu'il ne lit pas ni n'écrit."  Selon le< père jésuite Ekwa, " il y a des mesures qui ne coûtent rien. Gizenga pourrait s'adresser à la population pour la mettre au travail. Il a une autorité morale, les gens l'écouteraient. Or, il n'en fait rien.  Dans tous les ministères, quand vous appelez, ils sont en séminaire. Moi-même, on m'invite sans cesse à des séminaires - sur une série de sujets qui ont déjà été traités cent fois. Tout se passe comme si personne ne voulait prendre ses responsabilités. Comme si on ne cessait de parler parce que personne ne sait comment entamer le travail. Certains croient qu'ils ont travaillé parce qu'ils se sont réunis, alors qu'il n'y a pas de rapport de réunion, ni de suivi des décisions prises. Et on fait des fêtes !... De très nombreuses nominations à des postes publics ont été fêtées; on vous invite pour cela dans un restaurant à 11h du matin, en semaine; c'est pourtant une heure où chacun est censé travailler... En ville, ce n'est pas comme au village : si vous ne travaillez pas, vous ne pouvez survivre que grâce à la corruption. Si cela continue, au lieu de diminuer, je crains bien qu'elle augmente."

Vingt mille dollars pour 8% de la RDC (forêts)

Libération Laure NOUALHAT Bikoro (RDC)   La république démocratique du Congo possède 47 % des forêts primaires tropicales du bassin du Congo et un huitième de celles qui existent encore au monde. Elles regorgent d'espèces (éléphants, singes, oiseaux...) et d'essences (plus de 250 sont exploitables), parmi lesquelles le wengé dont on fait des parquets hors de prix (entre 60 et 150 euros le m2). La production annuelle peut potentiellement atteindre plus de 6 millions de m3, pourtant la forêt de la RDC joue encore un rôle insignifiant dans l'économie nationale, à peine 1 % du PNB.  Aussi des ONG tentent d' éviter qu' on ne réitère la triste expérience camerounaise «où l'exploitation n'a pas profité au développement du pays».     LeMonde     Greenpeace proteste contre "le pillage des forêts du Congo" et l'incapacité de la Banque mondiale à enrayer l'exploitation forestière illégale. La Banque mondiale avait convaincu le gouvernement de transition de la RDC en mai 2002 de suspendre l'octroi de nouvelles allocations forestières et le renouvellement ou l'extension de titres existants. Or en dépit de ce moratoire, de nombreux titres d'exploitation ont été attribués, échangés ou renouvelés à plusieurs grands groupes forestiers européens, libanais ou asiatiques. « La Banque mondiale reconnaît que les conditions de base pour une exploitation forestière responsable sont absentes en RDC mais incite les autorités congolaises à voir en cette industrie une source de développement pour la population... C'est une illusion de croire que l'industrie du bois aide à lutter contre la pauvreté. Plus de 20 millions d'hectares de forêts sont d'ores et déjà attribués à des exploitants forestiers ( ce qui équivaut à 8% du terriyoire). Et ce, avant même que la RDC ne se soit dotée d'un plan de zonage participatif cohérent, permettant d'établir – en concertation avec la population - quelles zones sont à préserver en priorité. Congo Tribune     La vente d'une étendue de la forêt équatoriale congolaise aussi grande que le Royaume-Uni a été faite contre quelques machettes, 20 sacs de sucre et 200 sacs de sel distribués aux chefs coutumiers. Vingt compagnies américaines et européennes ont depuis 2002 signé environ 150 contrats leur octroyant la propriété de la forêt vierge pour l'exploitation du bois pour une durée de 25 ans. Les modiques dépenses effectuées pour obtenir ces concessions représentent à peine vingt mille dollars américains.
 
 (Photo AFP)
 
Libération Laure NOUALHAT Bikoro (RDC)      La société ITB, contrôlée par une famille libanaise expédie à Kinshasa les grumes de sa concession, par le fleuve Congo. L'exploitation forestière tourne à plein, et plus précisément dans la province de l'Equateur. Des milliers d'hectares sont livrés aux machines. Pour les atteindre, les exploitants fendent la forêt avec des routes de plusieurs dizaines de mètres de large. Puis d' énormes machines acheminent les grumes jusqu'au fleuve. Ils s'intéressent à quelques essences, les plus prisées du marché: wengé, sapelli, tiamaqui, en Europe, se négocient parfois autour de 3 000 euros le m3. Les exploitants retirent une poignée d'arbres par hectare. «Mais ils dévastent tout avec leurs bulldozers», prévient Grégoire Lejonc. Par ailleurs, ceux qui travaillent sur le chantier chassent «tous les mammifères de plus de vingt centimètres» et déciment la faune. Les Pygmées, qui dépendent de cet écosystème, perdent de précieux produits forestiers comme les chenilles dont ils sont friands."

JeuneAfrique   AFP   Les Pygmées d’Afrique centrale expulsés de leurs terres lors d' aménagements forestiers se disent victimes d'un "génocide culturel".  "Nous attirons l’ attention sur les graves problèmes de l’ expulsion forcée et systématique des peuples autochtones de leurs terres et territoires lors de la création des concessions forestières et des aires protégées. Nous réclamons un arrêt immédiat de ces pratiques qui aboutissent à la destruction de nos modes de vie et condamnons cette forme de génocide culturel", soulignent les Pygmées qui s'estiment "détenteurs de droits légitimes sur les forêts d’Afrique centrale". Ils réclament "compensation rapide, juste et équitable" pour leurs "terres et forêts qui ont été spoliées et décimées" et un "partage équitable et transparent des revenus issus de l’exploitation des richesses forestières". Marianne     D’après les historiens, les Pygmées seraient les premiers occupants de la forêt équatoriale d’Afrique centrale. Ils sont aujourd’hui quelques 250.000, appartenant à différents groupes ethniques, répartis sur plusieurs pays (Burundi, Cameroun, Congo, Gabon, Guinée-Equatoriale, Ouganda, République Centrafricaine, R.D.Congo et Rwanda). Beaucoup vivent encore de la chasse et de la cueillette des ressources forestières. Malgré des situations diverses selon les pays, les Pygmées subissent une marginalisation quasi systématique. Véritables citoyens de seconde zone, ils n’ont pas accès à l’éducation ou à l’emploi ; sauf à parler de travail lorsqu’ils sont exploités par des paysans pour des salaires de misères : des relations que d’aucuns qualifient de type esclavagiste.
 
Un bâteau pour Kalemie
 
Marie-Eve Saint Georges / Monuc    Le MV Mwongozo ferait penser à un bateau de croisière suir le Lac Tanganyika. Il a transporté à Kalemie la première vague des "retournés", soit près de 500 personnes qui avaient fui la guerre il y a dix ans.  Ils sont 122 000 congolais qui avaient pris la direction de la Tanzanie, à quelques encablures, de l'autre côté du lac et 61 000 autres s'v étaient réfugiés en Zambie. Kalemie absorbera 5% des réfugiés, Moba devrait en accueillir 80%, et Pweto 15%. Galerie photos  BBC news     "Exposed and hungry: the DR Congo's slow journey to normality " sur http://news.bbc.co.uk/1/shared/spl/hi/pop_ups/07/in_pictures_exposed_and_hungry/html/1.stm

 
 
Sur Congo Reading 
 
« Ce n'est pas un Etat, c'est un hold-up »      
http://congoreading.blogspot.com

Crépuscule de la Miba, aurore des diamants    
http://congoreading.blogspot.com

La justice est le parent pauvre  
 

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