Des victimes faites objets d' art

Publié le par Grand Beau et Riche Pays

Il y a des modes qui se créent : Kadhafi est un créateur.
Il y a les victimes du Génocide qu' on transforme en oeuvre d' art : ce n' est pas artistique.
 


Son héros en photo, sur sa poitrine!



Un journaliste a lancé la mode du " lancer de chaussure" sur Georges Bush. Le 10 juin 2009, Kadhafi a inventé la fierté de la mémoire des colonisés. Il a débarqué à Rome avec une photographie d' un « héros » libyen de l'époque coloniale italienne, fixée sur la veste de son grand uniforme militaire. Cette photo, bien visible sur sa poitrine droite alors qu'il descendait de l'avion, représente Omar al-Mokhtar, le chef de la résistance libyenne surnommé le lion du désert, au moment de son arrestation en 1931 en Libye à l'époque du régime fasciste de Mussolini. Le libyen a planté sa tente dans le plus vaste parc de Rome, celui de la Villa Doria Pamphili. Mais il a dormi dans le somptueux palais du lieu.

Bientôt des photos de victimes sur nos poitrines?

Avec Gaboneco    On attend des imitateurs de Kadhafi. Des congolais  qui débarqueraient en Belgique avec, sur la poitrine, une photo de "mains coupées".  Un collectif d’enseignants africains s' en est pris au génocide du Roi Léopold II au Congo, qui aurait coûté la vie à plus de 10 millions de Congolais pour la prospérité économique du Royaume du Congo. Les plaignants comptent demander la poursuite à titre posthume du Roi Léopold II, l’indemnisation des fils des Congolais massacrés sur la base des fortunes héritées de ce génocide, l’instauration d’une journée des martyrs africains, ainsi que la suspension des poursuites judiciaires internationales à l’encontre des Africains jusqu’au jugement préalable des coupables occidentaux.

Une pétition a été lancée pour récolter un million de signatures sur http://fendec.over-blog.com/article-29868624-6.html. Après deux mois, il n' y a eu que 38 p^étityionnaires.
 
Des mains qui sèment à nu 

RT Nyota    Moïse Katumbi a déclaré :« Nous sommes dans une démocratie et par conséquent nous devons accepter que nos actions soient critiquées.... S’ils ont des preuves, (...) qu' ils les étalent sur la place publique à travers les médias. On n’a jamais mis des journalistes en prison ou au cachot ». 

Vraiment?  Le 5 décembre 2008, pour commémorer la Journée de l' Arbre, le gouverneur du Katanga avait mis en terre au moins neuf plantules à mains nues. Il dira  à ce propos: "  les précautions élémentaires d' hygiène sont toujours présentes à mon esprit lors de tous contacts que je peux avoir avec différents objets".  Arrêts sur les images aux minutes 1.03, 1.15, 1.22, 1.28, 1.44, 3.14, 3.21, 3.28 et 3.31 de la vidéo sur http://www.youtube.com/watch?v=q0sftyTGCtA  .
 


36 vidéos de propagande Katumbi
sur  http://www.youtube.com/results?search_type=&search_query=moise+katumbi&aq=f  

Sept semaines à pied

Après Mon oncle du Congo (Actes Sud, 1990), Danse du léopard (Actes Sud, 2002),L’Heure des rebelles (Actes Sud, 2007), voici Les Hauts Plateaux (Actes Sud, Mai 2009) de Lieve Joris. L' écrivaine est allé à pied, sept semaines durant, de village en village, des hautes collines aux abords du lac Tanganyika.

Elle a côtoyé des ethnies et des tendances politiques pas toujours en bonne entente. La  marcheuse blanche est accompagnée d' un guide et de porteurs, picaresques à leur manière, dépositaires d’une valise, objet qu' elle considère comme son seul luxe. Les conditions de vie des gens sont rudimentaires: la pluie, la boue, les puces, les rats, la nourriture difficile, mais aussi les brigands possibles, les miliciens plus ou moins autonomes, les autorités pas toujours ravies de sa présence.

Une variante moderne des immersions africaines des explorateurs, un résumé du Congo, sur un petit bout de carte.

Pour qui elle serait vilaine!

RFI  Radio Okapi    Ghislaine Dupont, correspondante de radio France internationale (Rfi) en Rdc, avait été expulsée le 03 juillet 2006 par des agents de la Direction générale des renseignements et services spéciaux (DGRS) de la police congolaise. Les autorités lui reprochaient de ne pas être en règle vis-à-vis des dispositions pour son séjour dans le pays. Aucune notification écrite de l’expulsion ne lui avait été remise. Mais la journaliste a gardé ses chroniques congolaises, et un carnet d' adresses qui lui accorde l' exclusivité de certaines informations. Cela irrite.

Selon le gouvernement,  « Ghislaine Dupont est en train de jeter de l’huile sur le feu,  de noircir, complètement et même artificiellement, le tableau, et de nous empêcher de réaliser le programme de normalisation.  Lorsque vous incitez des militaires qui sont en opération de pacification, à se mutiner, en fait vous visez la disparition du pays, ça n’a plus rien avoir avec l’information. Et s'agissant des problèmes de sécurité, nous ne pouvons pas transiger. S’il faut absolument couper le signal de certains médias, nous le ferons. ». Mais pour Journalistes en danger,  « on ne peut pas en même temps dire qu’on est un Etat qui s’engage sur la voie de la démocratie, et ne pas être à mesure de tolérer la contradiction et la critique. Si RFI donne une fausse information, le démenti lui ferait perdre sa crédibilité, et celle de la journaliste qui est incriminée. Il semble qu' on a quelque chose à cacher et on a peur. »

Contacts: Facebook,  ghislaine.dupont@laposte.ne t , ghisfox@hotmail.com

Pour survivre, oublions

Ai Weiwei est un artiste et blogueur chinois. Il a commémoré les 20 ans de s massacres étouffés de Tian-anmen http://www.courrierinternational.com/article/2009/06/05/il-faut-oublier-tian-anmen    

Oublions ...! La vie nous enseigne que, sous le totalitarisme, les jours se suivent et se ressemblent. Chaque jour est un même jour : il n’en est pas d’autre, pas d’hier ni de demain. De même, nous n’avons que faire d’une vérité parcellaire, nous n’ avons que faire d’une justice et d’une équité fragmentaires. Sans liberté d’expression, sans liberté de la presse, ... nous ne sommes pas des hommes, nous n’avons pas besoin de mémoire. Privés du droit de mémoire, nous choisissons l’oubli.

Oublions donc toutes ... les humiliations, ... les dissimulations, les mensonges ...! Oublions tout ce qui est douloureux dans notre mémoire, oublions tous nos oublis ! Nous leur permettrons ainsi de ressembler à des honnêtes hommes tandis qu’ils se moquent de nous… Oublions ces mensonges sans fin, ces hommes au pouvoir qui tablent sur l’inévitable oubli de tous, oubli de leur lâcheté, de leur noirceur, de leur médiocrité… Oui, assurément, il faut oublier ! Ils doivent absolument être oubliés ; ils n’existent que grâce à l’oubli. Pour survivre, oublions donc !

Génocide-oeuvre d' art

AFP    The skulls of victims on displayed at the Genocide Memorial Site in Ntarama, Rwanda..



 

M. Jaber    Horreur ou extase devant cet  amoncellement " artistique" de boîtes crâniennes des victimes du génocide de 1994? Alors que le nombre de massacrés ne joue pas pour la qualification de ce crime, on aura profané des morts en détachant leurs têtes, on aura dénaturé les circonstances des tueries qui n' ont jamais regroupé autant de têtes en un seul lieu. Et comme pour impressionner davantage, on aligne au premier plan des crânes fendus, suggérant des coups à la machette. Devant pareille mise en scène, certains réclameraient enquête sur la datation des squelettes et, d' autres, le recours aux mensurations crâniennes  du XIXème siècle pour identifier les races tutsi et hutu. C' est abject.