La course derrière 0,4 à 0,8%

Publié le par Grand Beau et Riche Pays

Le cuivre est à 5.000 dolls la tonne, mais quel cuivre?
ls courent derrière le cuivre sous toutes les formes, et pour encaisser 0,4 à 0,8%

 



Mai 2009
    AfricaIntelligence    Spécialisé dans la veille des industries extractives en Afrique, le Southern Africa Resource Watch (SARW), financé par l’Open Society for Southern Africa de George Soros, veut de nouveau peser sur la renégociation des contrats miniers au Congo-K. Une vingtaine d’activistes de la société civile congolaise se sont entretenus fin mai avec le ministre des mines Martin Kabwelulu et le gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi Chapwe, pour plaider la renégociation de plusieurs accords. En ligne de mire, Tenke Fungurume Mining (TFM) et Kingamyambo Musonoï Tailing (KMT). Le SARW avait déjà apporté ses conseils à la commission créée le 20 avril 2007 pour passer en revue les conventions et a milité pour l’inclusion dans les contrats de nouvelles obligations en matière d’actions sociales.

 
Le gouvernement provincial du Katanga a rappelé que les compagnies minières devaient lui verser 40% de leurs redevances, conformément à la nouvelle Constitution adoptée fin 2005.


Décryptage  
  Le Code Minier attribue aux provinces 40% de la redevance minière, à partager entre la province ( 25%) et les entités locales ( 15%). Fort de ce droit, toute la politique minière katangaise est focalisée sur la récolte de ces 40%, au mépris des conditions légales et techniques d' exploitation. Cette fuite en avant porte sur une taxe de 1% sur les matières brutes et 2% sur les produits transformés et les métaux. Autrement dit, la province sacrifie la gestion de l' espace minier pour récolter 40% de 1 à 2%. Pour 0,4 à 0,8% du prix d' exportation des produits miniers.

 


Mai 2009    Nyota TV    Le gouverneur du Katanga déclare: " Nous voulons atteindre au moins en 2011, 1 million de tonnes de cuivre. Même la Gécamines n’arrivait pas à cette production d’1 million de tonnes de cuivre. L’année passée, quand nous étions investi comme gouvernement provincial, le Katanga exportait 38.000 tonnes seulement de minerais et la plupart de ces exportations se faisaient sans documents. Nous avions démontré qu’il y avait beaucoup de cas de fraude. En 2008, nous avons exporté 980.000 tonnes, presque 1 million de tonnes" 

Matières et tonnages katangais exportés  en 2007 et 2008

Lire aussi 
http://congograndbeauetrichepays.over-blog.com/article-30551222.html




Décryptages      
Robert CREM    Il faut comparer des choses comparables. On doit déterminer le volume de production dans les termes miniers internationaux. La production mondiale de cuivre "nouveau" est de l'ordre de 7.000.000 de tonnes de cuivre fin. Que signifient les 900.000 tonnes qui auraient été produites en 2008? soit 12% de la production mondiale? Quelle a été la production réelle de " cuivre nouveau " et de " cobalt nouveau". Si on doit parler de a Gécamines, on devrait rappeler qu' elle ne comptabilisé que des produits raffinés ( 99%) et jamais des concentrés ou autres produits miniers. En alignant la Gécamines sur le format des nouvelles statistiques de 2007 et 2008, la Gécamines faisait 3 millions de "tonnes" de produits miniers par mois. Et la seule Kolwezi produisait 3 millions de "mètres cubes" de produits miniers par mois.

M. Jaber   Les statistiques minières officielles de la province du Katanga ne parlent que de Cuivre et de Cobalt. Aucune indication sur la Cassitérite et le Coltan qui s' exportent par avion de Manonio et Kongolo sur Goma et le Rwanda. Rien non plus sur l' or en provenance de Kolwezi. Le problème de traçabilité et de certification reste entier.

 

 
Février 2006    LePotentiel    Freddy Mulumba Kabuayi    Devant plusieurs hommes d’affaires du Katanga lors d’une table sur la « bonne gouvernance et la transparence dans le secteur minier », le ministre belge des Affaires Etrangères du royaume de Belgique a dénoncé le pillage de ressources minières dans la province du Katanga. Il a insisté sur la promotion d’une gestion rigoureuse et transparente du secteur minier. En commençant par l’application correcte du code minier. En définitive, les richesses du sous-sol congolais doivent profiter à toute la nation et non à certains pilleurs étrangers. Pour cela, il faut « instaurer un système qui puisse assurer la « traçabilité » des matières premières avec un contrôle sur leur origine, comme c’est le cas avec le diamant. Dans le diamantaire, la mise en place du « certificat du processus de Kimberley » a réduit sensiblement la fraude et le blanchissement de l’argent. Si une telle certification est élargie sur d’autres minerais, on pourrait mettre fin à toute spoliation des richesses minières de la Rdc.

Avril 2007    Colloque international   de Lubumbashi sur la " Bonne gouvernance et transparence dans le secteur minier"    La bonne gouvernance dans le secteur minier ainsi que la promotion de la transparence de ce dernier sont dans l’intérêt de tous. Non seulement elles amélioreront la réputation et la position des acteurs concernés sur le marché international, mais elles engendreront également des bénéfices supplémentaires pour l’Etat, les opérateurs économiques et la population locale. De plus, la transparence, accompagnée de mesures de certification et/ou de labellisation des produits miniers deviendra bientôt une  exigence incontournable pour l’accession des produits minéraux africains aux marchés européens et américains. Deux facteurs-clé sont pertinents dans ce domaine : la sensibilité de l’opinion publique internationale aux conditions générales d’exploitation des ressources minérales et la mise en conformité de ces ressources avec les systèmes de certification internationaux (REACH, ISO, etc.), eux-mêmes fortement suscités par cette même opinion publique internationale.
 


Qu' est-ce la traçabilité? 
par Robert Crem, ancien Président de la Gécamines

La traçabilité des matières premières minérales métalliques permet de retracer  scientifiquement le cheminement d'un métal contenu et ou des métaux associés, dans le sol ou le sous-sol jusqu'à la phase terminale de son ou leur(s)  enrichissement(s) au stade métallique.

L'étude de traçabilité d'un ou de divers métaux et ou matières premières permet aux propriétaires du sol, sous-sol et des phases intermédiaires de transformation de surveiller et contrôler rigoureusement ses droits de propriété tant en qualité, quantité et valeur de toutes les matières récupérées à partir du minerai de base jusqu'au(x) produit(s) fini(s) remis sur les marchés.

Cette enquête de traçabilité demande une très haute compétence et technicité multidisciplinaire et des moyens d'investigation de haute technologie..

La traçabilité est la seule manière  et la méthode rigoureuse pour réprimer vols et fraudes de tous genres.

On distingue les traçabilités physico-chimique et pondérale ( poids/teneurs), commerciale et financière.

La traçabilité relève donc de la minéralogie, de la géologie, de la préparation des minerais et de la métallurgie extractive mais aussi des droits commerciaux et juridiques les plus étendus requis pour la répression des fraudes.

Elle est le support indispensable des contrôles de commercialisation aux plans nationaux comme internationaux.
 
Il faut l'interpréter cette définition  au sens large. La traçabilité peut et doit s'appliquer en priorité aux métaux de référence tels le cuivre, le cobalt, le zinc... et en préciser les quantités, qualités, marchés et contrats, afin de garantir l'homogénéité des diverses opérations du produit primaire au produit fini. Par  extension la théorie s'applique aux produits associés et à plus grande valeur de référence, qui passent inaperçus, notamment, le Cadmium, l'Argent, l'Or, le Rhénium, le Galium, l'Uranium, le Sélénium, Rhénium, Platine, Palladium, etc