Aux artistes leur Temple

Publié le par Grand Beau et Riche Pays

La culture est un élément des droits humains.
Le joyau architectural de renomée internationale de Lubumbashi doit être restitué à la population et aux artistes.
           
Où est Jésus?   
 
Depuis décembre 2007, je  reste seul, tel un martien, à lutter contre l’ emplacement du futur supermarché SHOPRITE sur un site culturel. Le silence ou le musellement de l’ opinion publique sur cette " expropriation pour cause d' utilité commerciale" http://congograndbeauetrichepays.over-blog.com/article-27288764.html   marque l’ échec de la démocratie et de la bonne gouvernance.  George Eliot, romancière anglaise avait écrit que "La vie publique conditionne la vie privée. Et lorsque le gouvernement est mauvais et que personne ne se sent concerné, c'est l'ensemble de la société qui est en danger." Et Richard Ford, écrivain américain d' ajouter: " On prend alors l'habitude de penser sans but. Une démarche susceptible de générer le totalitarisme et la démagogie. Où de simples évidences se transforment en mensonges".

Sans attendre un Jésus qui chasserait les marchands du Temple, j' avais ouvert un second front en réclamant la " convertibilité " des installations où politiciens et artistes pourraient se succéder. En effet, Lubumbashi devrait disposer de l' équivalent de 65.000 places de spectacles, soit l' équivalent de 100 Théâtre de la Ville, de 100 Palais du Cinquantenaire et de 100 parcs attenants. Où sont-ils ?
 
 

 

DECRYPTAGE DE MARS 2008        En 1971, la terminologie "Ville" avait été bannie et remplacée par "Sous-région". La section locale du parti unique MPR s' empressa de rebaptiser le « Théâtre de la Ville » en " Bâtiment du 30 Juin". L’ œuvre architecturale est devenue un entrepôt…L' avenue Winston Churchill qui délimitait le complexe culturel fut également rebaptisé en "Avenue du 30 Juin".  Cette identité d' appellation du Théâtre et de l' Avenue honorait le prestige et, surtout, l' unité du site exceptionnel voué à la Culture et la Gloire de l' Indépendance nationale. Le vaste boulevard avait même gardé ses allures royales: l' appellation de Reine Astrid fut remplacée par celle de la 1ère dame " Citoyenne Marie Antoinette Mobutu".
 
Mais dans les années 80, l' Ecole de Musique fut occupée par la Radio-Télévision Nationale "Voix du Zaïre". L' assemblée régionale s' installa dans la salle du Cinquantenaire. En 1985, néanmoins, le Pape Jean Paul II honora ces lieux de haut standing en prenant sacristie dans le Palais du Cinquantenaire et en disant une messe sur l' esplanade du parc. Dans le même temps, un particulier s' appropria de la zone d' extension de l' Ecole de Musique, et qui servait de terrain de football multiracial pour les jeunes. L' image de l' affectation publique du site aura été telle que cette appropriation avait été débattue aux assises de la Conférence Nationale Souveraine ; elle continue à alimenter les conversations.
 
En 1998,  LD Kabila décida de rafraîchirt le Théâtre à grands frais pour célébrer un évènement majeur mais dont la nature n' a jamais été dévoilée, car le 2 août , éclata la guerre civile. Le Théâtre restera fermé jusqu’ en août 2000. Lubumbashi devint la ville parlementaire. L'Assemblée Constituante et Législative-Parlement de Transition (ACL-PT) prit ses quartiers dans l' amphithéâtre, avec les députés assis dans des fauteuils de salle de spectacle et sans pupitre ni tablette pour travailler ! En 2006, année du double anniversaire  ( 100 ans de l' UMHK/Gecamines et 50 ans du complexe culturel donné à la Ville), le boulevard princier est  rebaptisé au nom d’ un particulier. Depuis 2007, l' Assemblée provinciale du Katanga s' est installée dans l' amphithéâtre; les députés sont toujours assis dans des fauteuils de salle de spectacle, sans pupitre ni tablette de travail.



Le mélange des genres est tel qu' en 2008,  Stéphanie McCrummen du Washington Post ose affirmer que le Théâtre de la Ville avait été dessiné à l' image du képi du roi des Belges...
 
Il y a des propositions pour sauvegarder et rentabiliser ces lieux sacrés de la fierté, de la mémoire et de l' avenir de la communauté urbaine de Lubumbashi. Le poids des murs qui plaident pour que la salle de théâtre devienne convertible. Le podium et autres accessoires du bureau du Parlement peuvent être évacués par l’ arrière au bénéfice de représentations artistiques. En cours de sessions parlementaires, le théâtre de verdure et le Parc devraient pouvoir accueillir le public.
 
Par rapport à 1956, la ville devrait disposer de l' équivalent de 65.000 places de spectacles, soit l' équivalent de 100 Théâtre de la Ville, de 100 Palais et de 100 parcs. Où sont-ils ?

De même, le MPR s' est effondré et on ne parle plus de sous-région mais de "ville". Le Maire de Lubumbashi occupe l’ " Hôtel de Ville". Il est souhaité que le vocable digne d' un entrepôt de " Bâtiment du 30 Juin" soit changé en  "Théâtre de la Ville" ou " Théâtre du 30 Juin".

 



Ma lettre au Président de l' Assemblée Provinciale du Katanga

Honorable, Monsieur le Président,

Vous avez hérité de l' appropriation du Théâtre de la Ville et de son affectation aux assemblées délibérantes.

Cette décision est fort regrettable, car, à son inauguration en 1956, ce complexe offert par l' Union Minière du Haut Katanga pour ses 50 années, avait été acclamé comme un chef d' ouvre architectural, et vanté dans le Monde entier.

A cette époque, la ville avait une capacité de salles de représentations culturelles de près de 3.000 places ( Théâtre de la Ville, Foyer Saint Jean, Salles Kilima et SNCC, Salles Weizman et Familia, Cinés Palace, Colliséum et RAC), pour une population de 75.000 âmes. Ceci signifie qu' avec la population de 1,5 millions d' habitants, la ville de Lubumbashi mériterait d' avoir une capacité de 60.000 places de spectacle, soit l' équivalent de 100 Bâtiment du 30 Juin. Mais, même de ce dernier, la population en est privée.

Néanmoins, et dans le même temps, on assiste à un foisonnement culturel sans précédent autour de la Halle de l' Etoile, du centre Safina, de l' Institut des Beaux Arts et du Musée de Lubumbashi. Un photographe, un chanteur classique et un écrivain sont promis à des carrières internationales. Ces jeunes et créateurs ont besoin de murs et de spectateurs.

Fort heureusement, vous autorisez, parfois, que la salle abrite aussi des manifestations culturelles, mais qui sont privées de la scène, des décors et des loges.

Les deux activités ( parlementaires et culturelles) pourraient provisoirement cohabiter moyennant une harmonisation des calendriers des sessions et séances et d' un réaménagement d' architecture intérieure pour en faire une salle convertible. La scène devrait pouvoir être débarrassée complètement en dehors de vos travaux et le Théâtre cogéré avec le monde de la culture.

Ce faisant, vous aurez sauvegardé et encouragé ces besoin et élan artistiques qui feront le Grand Katanga que vous ne cessez de proclamer.
 
 
La réponse de Mr Kyungu

" J' accuse réception de votre lettre..."
 
Le projet Kamalondo  " Foyer Saint Jean "
 
Patrik Mudekereza et Gilles Roussel, ancien attaché culturel et fondateur de la Halle de l'Etoile à Lubumbashi ont élaboré un " Projet Kamalondo" pour restaurer le Foyer Saint Jean qui appartient à l' Archidiocèse de Lubumbashi.

Actuellement, les artistes ne disposent plus que de la Salle Familia et des salles Safina, Théologicum et Halle de l' Etoile. Comme les murs du Foyer St Jean sont solides, l' enceinte pourrait être réaménagée assez rapidement, dans un premier temps comme un théâtre de verdure. Il restait à trouver des fonds plus importants pour la reconstruction de la scène et l' aménagement de gradins, sièges, éclairage, etc