2008; en attendant Madagascar

Publié le par Grand Beau et Riche Pays

Décryptage de janvier 2008 : Le Kenya est livré aux gémonies tribales,

au moment où la RDC est prolixe de nombrilismes ethniques,


La leçon de la Côte d' Ivoire

LeMonde  janvier 2008   Jean-Philippe Rémy   
Dans de nombreux pays d'Afrique, les élections, à force d'être volées au nom d'une "stabilité" illusoire, ont enlevé tout espoir à leurs électeurs.  Et lorsque les urnes perdent leur raison d'être, survient le temps des aventuriers, capables de pousser le déraisonnement un peu plus loin en affirmant que le pouvoir est au bout du kalachnikov sans risque d'être démentis. Un pays réputé "stable" et "prospère" en a fait l'expérience amère sur le continent. Il s'agit de la Côte d'Ivoire. L'ex-vitrine économique de l'Afrique de l'Ouest a commencé par négliger les règles du jeu démocratique, pour finir par subir un coup d'Etat, une rébellion et un cycle de troubles dont elle espère briser la fatalité par des élections.

La leçon du Kenya

Le Monde   
Fin 2007, début 2008, le Kenya a vacillé, menaçant d'être emporté par une spirale autodestructrice amorcée par le résultat contesté de l'élection présidentielle, faisant près de 500 morts. Qu'est-il arrivé pour qu'une réaction en chaîne entraîne vers l'abîme un pays qui avait célébré dans la joie une "transition modèle" cinq années plus tôt ?


La première leçon du naufrage électoral kényan a donc valeur de mise en garde contre l'égoïsme de ses dirigeants. Alors que ces derniers comptent parmi les mieux payés au monde, ils n'ont encore jamais songé à se pencher sur le sort des 55 % de Kényans qui vivent avec moins de 2 dollars par jour et dont les conditions de vie se sont dégradées au cours de l'embellie économique récente. Ce n'est pas un hasard si Raila Odinga, lui-même homme d'affaires prospère, s'est forgé, en flirtant avec le populisme, une réputation de "candidat des pauvres" dans les bidonvilles.

LeFigaro  janvier 2008   Jean-Pierre Campagne
    On ne le répète jamais assez : l'Afrique est très riche mais les Africains sont très pauvres. Les très pauvres se font aisément enrôler pour trois fois rien, et peuvent servir de supplétifs lors de conflits politiques qui dégénèrent en conflits armés. Dans cette extrême misère, comme dans les bidonvilles de Kibera et de Mathare à Nairobi, les plus grands d'Afrique, la vie vaut peu, et l'exaspération née du dénuement est grande et explose très vite. Parler de démocratie et de droits de l'homme, les pieds dans la boue, nuit et jour, entassés, envahis de moustiques et sans savoir si on pourra enfin manger le soir, ce n'est pas évident.

 



Decryptage janvier  2008    La donne tribale dans les émeutes kenyanes révèle que les identifications ethniques sont des volcans éteints. Il faut le prévenir, absolument. Actuellement, la démocratisation et la décentralisation s' installent dans la promotion des origines régionales, tribales, claniques et même villageoises. On assiste à un nombrilisme exacerbé. Pas une semaine ne se passe sans la création d' une nouvelle "association socio-culturelle" qui enferme dans l' enthnicisme militant. Très maladroitement, la nouvelle Constitution a créé un statut aux chefs coutumiers, sans en mesurer l' apport, en bien ou en mal, dans la réduction de la pauvreté et le développement. Face aux clashes à venir, on devrait ouvrir les yeux sur le "melting pot" congolais, des cohabitations et mariages multi-ethniques et de l' urbanisation qui mélangent à les dénaturer les spécificités tribales d' origine.

 

Il faudrait désamorcer la bombe avant qu' elle n' explose. Parmi les priorités, on devrait décourager l' appropriation de l' espace national par la région ou la tribu. On ne peut empêcher ni interdire les véritables manifestations culturelles, mais l' Etat étant laïc, il ne devrait pas y avoir davantage de place à ces religions-là. Les fonctions et les mandats publiques n' émanent pas de l' appartenance tribale. On devrait interdire la diffusion sur les ondes publiques de communiqués de félicitations de tel ou tel groupe lors de la nomination de tel ou tel "digne fils" à une fonction ou un mandat publique. Car, en cas de révocation, cela devient un problème communautaire, sans considération pour les mérites et  les démérites, les déboires et les perversions des individus concernés. C' est du pétrole qu' on répand et qui n' attend que l' étincelle d' une allumette pour tout embraser.

 

Decryptage fevrier 2009 Après le Kenya, voici Madagascar ! Et après Madagascar ???

 

 

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