Dcp: On pourrait "dévierger" les forêts

Publié le par Grand Beau et Riche Pays

Mars 2008 : Si elles n' existaient pas, il faudrait les inventer, les ONG. Mais au délà du pillage, les forêts peuvent être "déviergées"!


Des luttes incessantes de Greenpeace ...


Mars 2008    Okapi.net/Lp  Greenpeace a mené une campagne contre les exploitants sauvages du bois congolais. C' était une première. Ils avaient attaqué la Banque Mondiale, et Washington a reconnu ses erreurs. Dans ce cadre,  Greenpeace avait intercepté un cargo chinois, le Huatuo, en provenance de République démocratique du Congo et qui transportait du bois exotique. Les militants de Greenpeace, qui dénoncent le commerce de "bois d'origine non durable", ont peint sur la coque "Bois pillé". Le capitaine du cargo chinois a décidé de jeter l'ancre à quelque quatre nautiques de la côte. Il s' agit de bois provenant de la province de l’Equateur et à destination d’Anvers en Belgique et de Caen en France. Selon Greenpeace, il s’agit du bois illégal que Siforco et Sodefor exportent sans contrepartie financière et au détriment du peuple congolais.

Libre Belgique    Dans son rapport " Arnaques au Congo", Greenpeace accuse les sociétés forestières occidentales d'avoir élaboré un système d'évasion et de fraude fiscale en RDC. Une "sous-facturation systématique permet d'échapper à la taxation (40 pc en RDC, 38 pc au Congo) de ses bénéfices réels et de réduire sa taxe à l'exportation (basée sur la valeur déclarée du produit ",

Greenpeace    Depuis novembre 2008, Greenpeace a un bureau à Matadi, pour poursuivre ses efforts pour lutter contre la déforestation.  " Plus de 90% des populations africaines dépendent de l'agriculture, de la pêche et des forêts pour s'alimenter, se nourrir, se soigner ou se procurer des revenus. L'exploitation des ressources naturelles est actuellement placée sous le modèle de l'exploitation industrielle, au détriment des populations locales qui se trouvent dès lors en situation délicate.  Alors que l'Afrique contribue très peu aux changements climatiques, ce continent sera parmi les premiers à être touché de plein fouet par les impacts de ces bouleversements. La RDC est le 21 émetteur de CO2 de la planète. Ceci en grande partie à cause de la déforestation. La RDC risque de perdre 40% de ses forêts dans les 40 prochaines années si les activités de l'industrie forestière s'y poursuivent. Greenpeace suivra les efforts du gouvernement congolais pour orienter l'aide des bailleurs de fonds vers une gestion forestière durable. .

... à la "revisitation" de 156 titres forestiers

Janvier 2008    RadioOkapi   LeMonde    Une commission interministérielle a réexaminé 156 titres forestiers couvrant plus de 20 millions d’hectares, soit le tiers de la surface exploitable en RDC. L’objectif est d’atteindre une meilleure rentabilité du secteur forestier dans le budget de l’Etat et les structures décentralisées. Finalement, 65 titres forestiers ont donc été convertis en concessions de 25 ans. La RDC, dont la forêt constitue le deuxième poumon de la planète après l'Amazonie, exporte environ 200.000 m3 de bois, essentiellement brut. Le bois ne rapporte que 2 millions de dollars au budget congolais pour des exportations estimées à 60 millions de dollars par an. La forêt congolaise pourrait rapporter au pays plus de 3 milliards de dollars chaque année. Pour l'instant, c'est 1/8ème de ce montant qui est donné par les partenaires extérieurs.


 

DECRYPTAGE exclusif de E.A.Christiane agronome retraité    L' exploitation dont les communautés locales seraient l’objet de le part des forestiers est une chose. Mais les écolos donnent parfois l’impression qu’ une exploitation forestière tropicale désertifie des grandes surfaces de cette forêt. Pourquoi en serait-il ainsi ?

Généralement, les concessions forestières s’octroient entre deux rivières et l’exploitant, s’appuyant sur la rivière la plus adéquate afin d’ y établir un beach d’embarquement, trace une route principale, carrossable, généralement de 5 ou 6 mètres de large sur la crête entre les deux cours d‘eau. A partir de là, il prospecte à gauche et à droite, divisant la forêt en parcelles de 100 hectares (par exemple), soit 1 km sur 1 km et fait un recensement des essences exploitables immédiatement. Sauf cas exceptionnels, il y n' y a environ que un à cinq arbres valables, commercialisables, exploitables par hectares (cinq est exceptionnel et inespéré). Une piste est tracée (3 à 4 m de large) jusqu’à ces arbres, qui sont abattus, débités en grumes de 6 ou 8 mètres et évacués (souvent par tracteurs et triqueballes légers) vers des aires de chargement sur la route principale, puis chargés sur des grumiers qui acheminent ces grumes vers le beach.

Les arbres abattus sont des grands arbres pouvant être âgés de 80 à 150 ans environ, des adultes, des vieux arbres qui ont, depuis plusieurs décennies, essaimé et créé un site de jeunes baliveaux qui luttent pour leur survie, qui luttent pour le soleil. Ces jeunes (cette pépinière) ne sont pas ou très peu abîmés par l’exploitation, le passage d’une équipe de forestiers fait infiniment moins de dégâts que le pique-nique d’une famille d’éléphants durant quelques heures. Cette colonie d’arbrisseaux va trouver sa trouée et croître normalement sans la concurrence du grand-père qui aura été évacué. La forêt se régénérera tout naturellement, car après l‘évacuation de l‘ancêtre la piste ne sera plus du tout exploitée car cela n’est plus nécessaire avant soixante ou quatre-vingts ans. A ce moment, elle aura totalement disparu depuis longtemps et la nature y aura repris ses droits.

Le déboisement des collines du Bas-Congo avec ses populations quasi homogène de terminalia exploités, puis remplacés par des brûlis pour l’installation de champs vivriers coutumiers, n’entre pas dans cette catégorie.

Il demeure que l’abattage de la forêt primaire prive l’atmosphère d’une source d’oxygène car il diminue d’autant la surface d’élaboration chlorophyllienne, c’est assez évident. Qu' en est-t- il des plantations pérennes? Lorsque l’on remplace cette forêt par une plantation de palmiers, par exemple, plantés en quinconce avec l’ idée de couvrir la totalité du sol afin, non seulement de profiter d’un maximum d’insolation mais aussi d’éviter des plages génératrices de mauvaises herbes et donc onéreuses à entretenir, une question peut se poser : qui, de la forêt ou de la plantation, génère le plus d’oxygène ?
Le sol de ces plantations industrielles est couvert en permanence, toute trouée laissant le sol directement en contact avec les rayons du soleil verrait pousser en son sein quantité de mauvaises herbes, diverses graminées envahissantes, ruineuses à éradiquer.
 
Alors que les investissements techniques dans le réseau routier, dans l’industrie de transformation et dans les installations de stockage peuvent se poursuivre, la plantation peut être renouvelée sur le même terrain. Il y a eu en RDC des replantations de palmiers qui prolongent la vie de l’exploitation en monoculture jusqu’à cinquante ans (un “replanting” soit 2 fois 25 ans) et même une troisième replantation. Certaines grandes entreprises agricoles procèdent même à une rotation de leurs plantations pérennes, café, caco, palmier et hévéa, chacune d’elles ayant une vie de vingt à trente ans. Il n’en est pas de même avec les champs vivriers, tels qu’on les pratique en milieu coutumier, du coton, arachides, manioc et maïs etc.