CDP: nouvelle religion, anciens démons

Publié le par Grand Beau et Riche Pays


La nouvelle religion séculière: 60 ans, 30 articles, 300 langues

 CourrierInternational "Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité." Ainsi commence le texte de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme (DUDH) adoptée à Paris le 10 décembre 1948 par l’assemblée générale des Nations Unies. Traduits en plus de 300 langues, les trente articles de la DUDH est l’un des textes qui ont le plus marqué la seconde moitié du XXe siècle. Cependant, ils sont instrumentalisés par les gouvernements, interprétés selon leur prisme idéologique et leur intérêt national, soumis aux jeux des alliances circonstancielles aux Nations unies, mais invoqués comme une nouvelle religion séculière, les droits de l’homme ont été investis d’une charge qui excède de très loin leur capacité d’influence. Le paradoxe de la situation est évident : jamais la rhétorique des droits de l’homme n’a été aussi présente, et pourtant rarement la réalité internationale aura été aussi sombre. Reste que, en dépit de leur instrumentalisation et de la démagogie de beaucoup d’hommes politiques, qui brandissent les droits de l’homme pour les oublier dans la gestion des affaires courantes, ceux-ci constituent un ensemble de principes qui ne pourront jamais être totalement récupérés tant que les populations continueront à en exiger le respect.

A l'Est: le tracking des violations et des violences

BBCafrique    Un nouveau site    Ushahidi ou ''témoignage'' a pour objectif est de rassembler et de diffuser par des moyens simples les informations fournies par la population elle-même pour mener des opérations en réponse à une crise. C' est un site libre ouvert à tous  Il peut être utilisé partout dans le monde . Les données envoyées par SMS, courriel ou internet sont rendues visibles sur une carte ou un chronogramme. Les catégories d’incidents comme les émeutes, les pillages, les maladies et les violences sexuelles sont représentées par des couleurs.

En cliquant sur une des catégories, vous verrez sur la carte de la République démocratique du Congo où ce type d’incident est rapporté. L’accès à internet étant limité dans la majeure partie des zones rurale en Afrique, les gens peuvent aussi rapporter les incidents en envoyant des SMS à partir de leurs téléphones portables au site. Les utilisateurs peuvent rapporter un incident en remplissant un formulaire très simple avec une description de ce qui s’est passé ; où et quand a-t-il eu lieu ; et indiquer le type d’incident. www.drc.ushahidi.com/main
 
A l' Est, on n' a pas voulu des anges gardiens Gurkhas

Tout s' est joué en novembre. La MONUC réclamait des troupes supplémentaires. L’Inde était disposée à envoyer 1 200 soldats Gurkas, des soldats d'élite d'origine népalaise, spécialement entraînés, en renfort aux 16.475 soldats de la Monuc, "dans le courant du mois" de novembre. New Delhi s'est déclaré "très préoccupé" par la sécurité de ses quelque 8.000 soldats incorporés au sein de la Force de maintien de la paix des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC). Le bataillon supplémentaire, composé de 1.200 Gurkhas spécialement entraînés, va intégrer la MONUC . New Delhi s' était déclaré "très préoccupé" par la sécurité de ses 8.000 soldats incorporés au sein de la Force de maintien de la paix des Nations Unies. AFP     "The Gurkhas would replace the sixth light infantry battalion and the deployment would be completed within the month." The Gurkhas had been specially trained. "Keeping in view the volatile conditions in Congo, the unit has carried out extensive training and mission sensitization in Delhi for the past few months in all aspects of UN operations". Indian military sources said they were having increasing difficulties in supplying troops in the field with ammunition and rations because of the deteriorating situation.
Mais le gouvernement de la RDC a refusé que des troupes indiennes renforcent la Monuc pour notamment avoir commis des "exactions".  "Le gouvernement congolais, comme tout autre gouvernement dans le monde, a parfaitement le droit de récuser, pour des raisons de souveraineté et d'Etat, le déploiement sur son territoire des troupes d'un pays". Par contre les autorités de la RRC se sont déclarées "favorables" au déploiement d'une force européenne dans l'est du pays. "Toute force qui est mise en oeuvre avec ou sans la Monuc (Mission des Nations unies en RDC) et qui contribue à stabiliser la situation au plan national et régional est la bienvenue".
Mais en décembre, Nicolas Sarkozy s'est montré très sceptique sur la nécessité d'envoyer une mission européenne en RDC, suggérant plutôt d'y déployer des force africaines. " Le président (angolais José Eduardo) dos Santos m'a dit que l'armée angolaise - et vous connaissez son efficacité - est prête à s'engager pour la paix à condition que ce soit sous mandat de l'ONU".

Afrique en ligne      L’épiscopat congolais est opposé à la présence de l’Angola au Nord-Kivu. "L’Angola a un passé chargé en raison de son implication directe dans la guerre de 1998". "La MONUC a perdu toute crédibilité. Elle a failli moralement à cause du comportement de certains de ses éléments impliqués dans divers trafics, des viols et la pédophilie ... Ils  préfèrent obéir aux ordres de leurs pays d’origine plutôt qu’à ceux de leurs commandants. Il ne sert à rien donc de porter les effectifs de 17.000 à 20.000. Cela ne changera pas la situation",. 
                                                                                                              Effectifs des " casques bleus" de  la Monuc
Monuc Xinhua
     La MONUC emploie 719  observateurs militaires, 562  volontaires, 304  policiers et 3150 civils dont 2114 congolais. Elle a déjà enregistré 81 décès. Plus de 90% des soldats MONUC sont  déployés dans l'est du pays.Plus de 6.000 membres de la Monuc ont été dépêchés dans la province du Nord-Kivu. Voici le détail de leurs origines.

Le feu de brousse de la corruption


LeMonde   Continentalnews (AFP)    Depuis 1995, Transparency International publie chaque année un « indice de perception de la corruption » classant 180 pays en fonction des évaluations d'un groupe international d'hommes d'affaires, d'experts et d'universitaires. Pour 2008, la RDC est dans les 10 pays les plus corrompus au Nr 171, alors que l' indice le plus élevé revient à la Somalie placée en Nr 178. Selon TI, le coût de la corruption "constitue une des premières raisons de l'absence de progrès réalisés dans la voie de la réduction de la pauvreté", souligne l'organisation. La corruption dans les pays pauvres est une véritable "catastrophe humanitaire" qui tue. "Dans les pays les plus pauvres, la corruption peut être une question de vie ou de mort, par exemple quand de l'argent pour des hôpitaux ou de l'eau potable est en jeu" .  "Lorsque ces institutions sont faibles, la spirale de la corruption échappe à tout contrôle avec d'horribles conséquences pour le peuple, et plus généralement pour la justice et le respect des égalités".

(AFP)    La RDC " se trouve marginalisé. Les indicateurs de son état de pauvreté sont alarmants. Plus de la moitié des Congolais sont privés d'accès à l'eau potable (57%) et aux soins de santé de base (54%), plus de trois enfants sur 10 sont mal nourris, et la probabilité pour un Congolais de décéder avant de fêter son 40e anniversaire s'élève à 47%". Malgré une amélioration "relative" de "l'alphabétisation des adultes et de l'accès au service de santé", le PNUD déplore que "tous les autres indicateurs aient évolué contrairement à la situation désirée". "La RDC est en bas de la liste de tous les classements mondiaux récemment publiés (...), ce qui témoigne bien des effets néfastes sur les institutions publiques et les conditions de vie des populations de grandes turbulences politiques et économiques qui se sont étalées sur près d'un quart de siècle". La RDC a ainsi "été classée 178e pays sur 178 pays sur l'échelle de l'indice de la facilité d'entreprendre (Banque mondiale)". 75% de la population vit sous le seuil de la pauvreté avec moins d'un dollar par jour.

Afriquechos Botowamungu Kalome  http://www.afriquechos.ch/spip.php?article3777     Comme antidote aux effets de la crise; les jeuns kinois plaindraient le chef de l’État: « Kabila, le pauvre. Tout président qu’il est, il n’a que cinq chantiers ! Et pourtant des généraux en ont dix, quinze chacun ! ». Mais dans son discours sur l’état de la nation, le président congolais n' a pas condamné la corruption des généraux. Le ridicule de l’armée nationale au Nord-Kivu et  l’opulence arrogante des nouveaux riches qui n’est moins qu’une incitation au soulèvement ou, au minimum, à des grèves dures. Le désamour avec le pouvoir en place s’accentue et des mouvements de révolte ou des émeutes n’attendraient qu’une étincelle banale en temps normal du genre de la rumeur selon laquelle Kabila avait traité les Kinois de paresseux ou d’un fait divers que causerait un de ces hommes du sérail qui renverserait avec son véhicule un passant dans un quartier. On peut tout aussi redouter une bavure par un militaire ou un policier ou tout bêtement un match de foot qui finirait mal comme un certain 4 janvier 1959. Ou encore, n’importe où dans le pays, n’importe quel illuminé pourrait déclencher une crise comme celle provoquée par Bundu Dia Kongo au Bas-Congo.

LeSoir C. Braeckman    http://blogs.lesoir.be/colette-braeckman/2008/12/14/sale-temps-pour-certains-operateurs-economiques/   Un climat tendu qui règne à Kinshasa. La guerre à l'Est, l'arrêt des cinq chantiers de la reconstruction, les pertes de recettes à la suite de l'effondrement du prix des matières premières augmentent les risques de déstabilisation. Ces craintes suscitent l'agressivité des services de sécurité dont les agents redoublent de « zèle » et multiplient les ponctions… Cinquante-deux mandats d'arrêt ont été délivrés à Kinshasa à l'encontre d'opérateurs économiques accusés de ne pas avoir respecté les contrats de reconstruction de bâtiments et de routes passés avec l'Etat. Tous les interpellés se souviendront de leur passage par le « Casier judiciaire » : ils ont été arrosés d'urine et invités à passer la nuit dans des cachots jonchés d'excréments et autres immondices. Ce n'est qu'en payant des cautions de 1.000, 2.000, voire 5.000 dollars que les suspects ont été autorisés à dormir dans des couloirs nettement plus propres que les cellules..
 
A l' Est, les " vaillantes" forces sont fortes!
 
Libération THOMAS HOFNUNG    http://www.liberation.fr/monde/0101303870-congo-les-grises-mines     Chaque matin à l’aube, dans le ciel cotonneux de Goma, c’est la même ronde qui recommence, celle des petits porteurs, en direction de Walikale.A l’aller, ces avions affrétés par des compagnies locales sont chargés de biens de consommation : vivres, bière, vêtements. Au retour, la cargaison est nettement plus précieuse : entre 2 et 3 tonnes de cassitérite qui, une fois raffiné, donne de l’étain, très prisé actuellement par l’industrie électronique, notamment en Asie. Elle permet de produire des circuits électroniques plus respectueux de l’environnement. La mine de Bisiye a donné naissance à une cité de 10 000 habitants aux allures de ville du Far West avec ses hôtels, ses «cinémas» (des télés branchées sur des générateurs), ses bars et ses prostituées. Les milliers de «creuseurs» sont payés généralement 10 dollars la journée. Ces hommes travaillent dans des conditions extrêmement dangereuses dans des mines à ciel ouvert, où la pluie provoque fréquemment des glissements de terrain. Nombre de creuseurs y ont perdu la vie. Les soldats prélèveraient un demi-dollar par kilo de cassitérite. A raison de 800 tonnes extraites chaque mois, ce sont 400 000 dollars qui tombent derechef dans l’escarcelle des militaires… A Bisiye, le colonel Samy Matumo, possède des bars et des hôtels. C’est lui le patron. Mais les fortunes bâties sur le dos des creuseurs de cassitérite irriguent aussi Goma et, sans doute, la capitale Kinshasa. Au bord du lac Kivu, sur les ruines d’un quartier ravagé par la dernière éruption du volcan Nyiragongo, en 2002, sortent de la terre noircie par le basalte des villas aussi plantureuses que kitsch, avec force colonnades. «Les richesses du sous-sol congolais passent au-dessus de la tête des citoyens.»


Congolese soldiers pushing a vehicle

Democratic Republic of Congo soldiers push a vehicle which broke down near Kibati
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