La leçon de vendredi: la corruption, c'est pour aider la démocratie!

Publié le par Grand Beau et Riche Pays

''Faire ou briser la paix'' . Alors que la sagesse imposerait  la conspiration du silence , les ONGs donnent de la voix. Pour elles, l' Etat congolais est la plus grande menace pour la sécurité et l' avenir du peuple congolais. Pour l' Eglise catholique, les dirigeants ont donné le pays à des étrangers. Sur le terrain, les délaissés commencent à bouillonner et à incendier. Dans les salons, des accusés avouent les dessous de table. Pour eux tous, la corruption, c' est pour aider la Démocratie.

 
''Faire ou briser la paix'' -

Afrique Centrale    AFP     Dans un rapport intitulé "Les élections au Congo: faire ou briser la paix" , l’organisation non-gouvernementale pour la prévention des conflits International Crisis Group ( ICG) met en garde contre des "faux pas qui pourraient ébranler une paix fragile" dans un pays sortant de près de sept ans de guerre.  "Il y a des risques de fraude électorale, les partis politiques sont faibles et inexpérimentés ". Le nombre élevé de partis autorisés (280) va "contribuer à fragmenter l’opposition".  L’insécurité alimentée par la présence de groupes armées locaux et étrangers dans l’est du pays, la lenteur de la réforme de l’armée congolaise constituent également des risques sécuritaires pour la tenue de scrutins "déjà repoussés plusieurs fois". Des incidents violents pourraient "alimenter la fraude" et "amplifier de manière exponentielle les contestations" des résultats, risquant d’engendrer de nouvelles luttes de pouvoir, selon ICG.
 
Xinhuanet     Des échanges de tirs ont eu lieu entre les gardes de la présidence et d'une vice-présidence, lorsqu'une voiture ayant à bord des éléments de la garde de M. Bemba est tombée en panne près d'un poste du GSSP ( garde présidentielle). Les éléments du GSSP ont voulu venger un incident antérieur.

Jeune Afrique FRANÇOIS SOUDAN  La tentation de la violence est partout présente. Aujourd’hui, de Kinshasa à Goma et de Kisangani à Lubumbashi, ces démons ont pour noms xénophobie, congolité, régionalisme, rejet des gens de l’Est ou de l’Ouest, lingalophones contre swahilophones. Pour discréditer son adversaire, le politicien congolais n’hésite pas, désormais, à le qualifier d’étranger, à exiger qu’il apporte la preuve de ses origines, voire qu’il exhibe les résultats de son ADN. Significatives d’une profonde crise d’identité, pareilles dérives nauséeuses semblent dérisoires au regard des enjeux - une nation à naître, un État à construire, une économie à développer, un peuple à sortir de la pauvreté. Chacun sait heureusement qu’à défaut d’être congolais Dieu ne peut choisir qu’un seul camp : celui de la paix. Quand le Congo s’éveillera, Dieu veuille donc que ce soit pour le meilleur…
 
Le Cardinal et un prédicateur étranger

LePotentiel Angelo Mobateli    Le cardinal Frédéric Etsou a fait sensation dimanche 23 avril 2006 à Kinshasa en appelant, dans une homélie en l'église Saint Joseph de Matonge, les Congolais à récupérer, lors de prochaines élections, leur pays des «mains des étrangers». «Vous avez laissé ce pays entre les mains des étrangers qui sont en train de le diviser», a déploré l'archevêque de Kinshasa. Ce n'est pas la première fois que l'Eglise catholique s'invite sur l'échiquier politique. En début d'année, les évêques membres de la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco), réunis à Kinshasa du 27 février au 4 mars 2006, ont lancé un vibrant appel aux gouvernants, aux acteurs politiques, à la Commission électorale indépendante (Cei), aux professionnels des médias, à la population congolaise et aux agents pastoraux sur le présent et l'avenir du pays.  Les électeurs devront éviter de se laisser induire en erreur. «Evitez donc de vous laisser induire en erreur et, plus particulièrement, de soutenir des politiciens pour la seule raison qu'ils appartiennent à votre communauté ethnique».
 


CongoIndépendant B. Amba Wetshi     Werner Steurbaut est un entrepreneur anversois. Il vient de rentrer d’un voyage  dans la province du Katanga. Il a visité la ville de Likasi où il se propose de mettre sur pied un centre de formation en informatique. Coût de l’investissement : 100.000 $ US. Le projet n’a pas pu voir le jour faute d’institution financière capable de consentir un prêt. Sans s’avouer vaincu, l’entrepreneur crie néanmoins sa frustration : « Il y a en RDC des potentialités humaines qui ne sont pas canalisées par des structures. L’Asie réussit du fait de l’existence des structures. La Flandre travaille avec des structures ». Par structures, Werner entend une collaboration entre les écoles, les entreprises, les universités et les banques. Durant son séjour au Katanga, il a eu l’occasion de palper du doigt le vécu quotidien de la population. Steurbaut  ne comprend pas qu’un pays aussi riche qu’est le Congo tarde à faire son entrée dans l’ « économie globalisée ». Il a remarqué que « les cadres congolais sont empêtrés dans un combat quotidien pour satisfaire les besoins primaires au point qu’ils n’ont plus le temps de réfléchir à autre chose ». Il se dit peiné par le paternalisme qui continue à caractériser les relations entre Belges et Congolais. « Les Congolais doivent arrêter de demander de l’aide. Leur pays n’en a pas besoin. Il a plutôt besoin de structures ».
 
La prochaine guerre a commencé
 
L' Avenir     La population de Lodja, dans le district de Sankuru, refuse de payer tous les impôts et taxes parce que l’argent du contribuable risque de servir à financer la campagne électorale de certains, ou détourné de  la satisfaction de l’intérêt général. En effet,  beaucoup de candidats ont mis à jour le budget de leur campagne, et la population s' inquiète et se demande d’où sortiront ces grosses sommes d’argent, si ce n' est des caisses de l’Etat.
 
RadioOkapi     Environ 800 personnes ont effectué plus de 9 kilomètres de marche pacifique, de Musoshi au bureau du chef de cité de Kasumbalesa –Douanes. Ce sont les travailleurs de la Sodimico, leurs enfants et épouses qui ont manifesté leur ras-le-bol. Ces travailleurs demeurent impayés depuis 68 mois. Ils lancent ainsi un cri de détresse et réclament tous leurs arriérés de salaire. Ils demandent  aussi le départ inconditionnel du groupe Malta Forrest. Selon eux, ce partenaire n’est plus en mesure d’honorer ses engagements pour encadrer les 2 600 travailleurs actifs, retraités, veuves et licenciés qui occupent encore des maisons déjà vendues par la Sodimico. "Suite à cette situation alarmante, nos épouses deviennent infidèles, nos filles se livrent à des activités moins nobles et nous-mêmes sommes devenus la risée de tout le monde et le reflet de la misère congolaise».

LePotentiel Acp     Un mouvement inhabituel de délogement des opérateurs économiques nationaux au détriment des expatriés dans les bâtiments où ils exercent leurs activités commerciales, est observé ces derniers temps dans la ville de Kolwezi . Les propriétaires des bâtiments préfèrent  loger les expatriés, surtout Indiens et Libanais, qui proposent des loyers plus élevés.

LUBUMBASHI  (AFP) -     A Kolwezi, " des creuseurs illégaux, qui avaient été chassés d'un site de la société Anvil Mining, ont mis le feu à des locaux où se trouvaient un cuisinier et un agent de sécurité. Il n'ont pas pu sortir et ont été brûlés vifs". Selon un témoin, des agents de sécurité avaient jeté un mineur, Kayembe Mokoji, dans un trou d'eau de la mine et il s'est noyé. A l'annonce de cette mort, les habitants de son quartier se sont dirigés vers la mairie de Kolwezi, avant de marcher vers les locaux d'Anvil Mining. Cette société minière s'est récemment installée à Kolwezi où elle a obtenu une concession d'où elle tente de chasser les mineurs artisanaux. Le syndicat des Exploitants miniers artisanaux du Katanga (Emak) dénonce régulièrement des expulsions brutales de mineurs de sites qu'ils exploitaient sans contrainte depuis des années. 50.000 à 70.000 "creuseurs illégaux" travaillent dans les carrières du Katanga, d'où ils extraient de l'hétérogénite (minerais mélangés) qu'ils vendent à des négociants intermédiaires ou à des sociétés, qui se sont multipliées à la faveur de la flambée des cours mondiaux du cuivre.
 
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Ex-militia fighters work in a make shift mine digging for gold at the town of Ika Barrier, Democratic Republic of Congo, Saturday, April 22, 2006. The United Nations, whose 17,500 peacekeepers are trying to calm this vast central African nation before its first elections in 40 years, says recruitment by armed groups is on an upswing in eastern Congo, where various armed factions terrorize civilians amid one of the world's worst humanitarian crises. (AP Photo/Anjan Sundaram)
 
La corruption? C' est pour la démocracie!

Xinhuanet     Mauvaise gouvernance et corruption privent la République démocratique du Congo (RDC) des dividendes de l'exploitation de ses ressources minières, dénonce L' Institut néerlandais pour l'Afrique australe (Niza) dans un rapport intitulé "l'Etat contre le peuple". Alors que la RDC sort de près de sept ans de guerre, Niza estime que la manière dont les ressources naturelles seront gérées conduira soit à "un nouveau conflit", soit "au développement durable". Cependant, "les opérations minières génèrent des revenus à peine suffisants pour financer un appareil institutionnel", l'Etat étant lui-même gangrené par le "manque de volonté politique" et la "corruption des leaders". "La responsabilité politique de cette situation tient principalement au clan katangais de Kabila" qui dispose d'une "position hégémonique dans la province depuis presque une décennie". Niza affirme que "le PPRD (parti pro-Kabila) utilise la Gécamines (...) pour financer le parti ". Un expert du secteur minier estime que "le saucissonnage de sociétés comme la Gécamines, bradée morceau par morceau à des investisseurs dont la plupart ne sont que des spéculateurs, contribue à la destruction du tissu industriel national sans rien apporter aux finances publiques". Niza pointe également la responsabilité de la Banque mondiale, qui "supervise et finance la restructuration de la Gécamines" et "ne peut ignorer" les transferts de "gigantesques actifs miniers" à des sociétés privées dans le cadre de joint-venture.

Radio Okapi   Dans son rapport de 80 pages, l’ONG Niza reproduit une lettre du Pprd/Katanga. Dix-sept noms des mandataires et de deux grandes entreprises locales, la Gécamines et la Société nationale des chemins de fer du Congo, (SNCC) et ceux des responsables d'entreprises oeuvrant au Katanga. Richard Muyej Manguez Mans, le président fédéral du Pprd /Katanga, ne trouve rien d’anormal dans cette démarche : « Il est interdit de chercher le financement auprès des entreprises publiques. Mais la lettre ne cite pas les entreprises publiques. Par contre, elle cite des personnalités congolaises qui étaient en ce moment-là mandataires dans ces entreprises publiques.»  M. Muyej allègue même que ces personnes ont cotisé de leur poche, de leur salaire et non pas de la caisse de l’Etat. Mais l'Ashado/Katanga enfonce le clou: « les entreprises citées dans le rapport sont celles qui sont installées contre la volonté de la majorité des populations du Katanga et elles ont bénéficié des contrats léonins.»

MMC SOMIKA    Pour la Société minière du Katanga (Somika)  " en tant qu’entreprise, nous tenons à contribuer à la promotion de la démocratie et donc au soutien de développement, en aidant les organisations politiques et apolitiques à se structurer, à s’installer et à jouer leur rôle d’éducation et d’information de la masse... Le PPRD n’est pas la seule organisation politique à avoir bénéficié de notre assistance. D’autres organisations politiques et apolitiques ont bénéficié et continuent d’en bénéficier ».

LeSoftonline    Georges Arthur Forrest  affiche la sérénité. « J’aide tout le monde. Ce faisant, je n’enfreins pas la loi congolaise. Je n’interviens pas seulement au PPRD, j’aide tous les partis politiques du pays et les associations. Je suis un chaud partisan de la démocratie. J’aide à la promotion de la démocratie». Les ONG ne l’entendent pas de cette oreille. Elles y voient des opérations retour. Pour le PPRD, " c’est «la précarité qui rend dépendants des dons et d’autres libéralités pour soutenir la promotion de la démocratie en R-dCongo. Ces «nobles initiatives» sont à encourager ..."

KATANGA NEWS Franck FWAMBA.    L'Association des Journalistes d'Investigations du Congo (AJIC) avait découvert que la comptabilité de certaines entreprises minières a un compte " FRAIS GENERAUX OU ACTIONS SOCIALES" servant à financer des partis politiques influents, des ONG jugées « dangereuses », les syndicats actifs, les personnes influentes pour acheter leur coopération ou alliance. A illustratif, à Lubumbashi, les grandes ONG ont déjà bénéficié des contributions spéciales du Groupe Forrest, Chemaf, Somika, Sncc, Bazano, Anvil Mining etc. Certaines toucheraient mensuellement de l'argent dans certaines entreprises minières dont chez Forrest. Le président du TP Mazembe avait obtenu à titre individuel des dizaines des milliers de dollars de Bazano pour réfectionner le stade de Kolwezi et un fonds de Somika pour la mise en état du stade de Kipushi. L'association socioculturelle Sempya a eu l'argent des sociétés minières. Une lettre de certaines ONG sollicitant le financement de leur déplacement à Kinshasa par le groupe Forrest a circulé.

LeSotfonline Dadei  C'était au cours d' un «atelier sur le rôle des médias et de la société civile dans l’exploitation des ressources naturelles de la R-dCongo», regroupant à Lubumbashi des ONG de l’étranger et des «provinces sensibles» - minières et politisées - de la R-dCongo et ds organisations professionnelles des journalistes. Au total une vingtaine. Asadho - Katanga, Association africaine de défense des Droits de l’homme, ANDS - Nouvelle dynamique syndicale-Katanga, Océan - Organisation concertée des Écologistes et Amis de la Nature - Kisangani, JED, Journalistes en danger - Kinshasa, Cenadep/RRN-Centre national d’appui au développement et à la participation populaire - Réseau ressources naturelles - Kinshasa, Grearn - Groupe d’action pour l’encadrement des exploitants artisanaux - Kasaï Oriental, Rck - Radio communautaire du Katanga-Katanga, Unpc-Union nationale de la presse - Katanga, Radio Mwena Muntu - Kasaï Oriental, Radio Mwangaza - Province Orientale, Radio Maendeleo - Sud-Kivu, Afemeki - Association des femmes des médias du Katanga, Radio Ntemo - Bas-Congo, Acro - Association des Radios communautaires - Katanga, Radio-télévision Oasis - Katanga, Institut Panos Paris-Paris-Kinshasa, Niza, Institut néerlandais pour l’Afrique australe - Hollande. Au bout de deux jours de travail, la «déclaration finale de l’Atelier» est une fatwa lancée contre les pillards. «La population est appelée à ne pas donner ses voix à toute personne impliquée dans le pillage des ressources...Le paradoxe de la R-dCongo dont 70 % de la population vit en-dessous du seuil de pauvreté avec un revenu d’environ 0,80 USD par personne par jour a relégué la R-dCongo au 167ème rang sur une liste de 175 pays, selon le dernier rapport du PNUD sur le développement humain».