Décrypt: violences sexuelles et ceintures de chasteté

Publié le par Grand Beau et Riche Pays

8 mars 2008     A côté des attentats sexuels extraordinaires et horribles, les statistiques sont faussées par la présomption de ceintures de chasteté avant 18 ans.


Gemena : six filles violées par sept personnes

Radio Okapi    Six filles dont l’age varie entre 10 et 17 ans ont été violées par sept personnes à Gemena dans le Nord Ubangi. C'est la police de lutte anti-violences sexuelles qui l’a révélé dans son rapport hebdomadaire. Il y a le cas d' élève de 10 ans qui accuse son enseignant âgé de 22 ans et un garçon de 19 ans de l'avoir violée. Il y a aussi quatre filles dont l’âge varie entre 10 et 17 ans et dont les présumés violeurs sont des garçons âgés de 11 à 18 ans et deux jeunes gens d'une vingtaine d'années. Pendant que les victimes suivent des soins, les présumés violeurs eux, sont aux arrêts.


Sud Kivu. Quand le corps des femmes devient champ de bataille

Le Soir Colette Braeckman http://blogs.lesoir.be/colette-braeckman/2008/03/05/sud-kivu-quand-le-corps-des-femmes-devient-champ-de-bataille/     « Les cibles, c’est nous ( les femmes) . Lorsque les groupes attaquent, ils pillent les maisons et emportent les femmes du village. Près de mille femmes ont ainsi été enlevées, rien qu’à Kaniola, 400 ont été tuées. Ma propre fille a été ligotée, attachée à un cadenas, puis emmenée dans la forêt. »  Les témoignages s’enchaînent, hallucinants, interminables : des filles sont enlevées puis revendues par leur ravisseur, elles passent d’homme en homme jusqu’à ce qu’elles deviennent malades, souvent contaminées par le Sida. Des femmes sont violées, tailladées, au couteau, à la machette, leur vagin a explosé sous les coups et l’urine se mêle au sang. Elles sont désormais prisonnières de leur corps, traitées comme des pestiférées dont tout le monde se détourne. Celles qui en ont la force se traînent alors jusqu’à l’hôpital de Panzi, à Bukavu, ou l’hôpital Doc’s à Goma, où des médecins spécialistes de la fistule essaient de les réparer. Le Dr Mukwege,qui opère douze heures par jour, est découragé : « 500 femmes attendent mon intervention… Bien souvent, lorsque je renvoie les opérées au village, en voie de guérison, elles sont violées à nouveau… » Les enfants assistent au calvaire de leur mère, les hommes, sous la menace, doivent participer au crime. A voix basse, on chuchote même des histoires de cannibalisme. Les bourreaux ne dédaignent pas le commerce : il arrive qu’ils acceptent de relâcher des villageois moyennant une rançon. Lorsque les femmes qu’ils ont enlevées, utilisées comme domestiques ou esclaves sexuelles se retrouvent enceintes, elles sont renvoyées vers le village.

Kagame et ses proches accusés de massacres par la justice espagnole

Libération CHRISTOPHE AYAD    L’Audience nationale, la principale instance judiciaire espagnole, a annoncé des poursuites contre 40 militaires rwandais, dont 11 généraux, pour«génocide, crimes contre l’humanité et terrorisme» commis dans les années 90. Le président Kagame, dont la responsabilité est désignée sans ambiguïté, est épargné, pour l’instant, en raison de son statut de chef d’Etat en exercice. Mais le juge cite notamment, sur la foi d’un témoignage anonyme, un incident au cours duquel Paul Kagame en personne aurait fait usage d’une mitrailleuse lourde contre des civils hutus. Après la prise de pouvoir du FPR, en juillet 1994,  Kagame a «pris le contrôle absolu de la structure d’Etat» et mis en place «à partir de ce moment-là un authentique régime de terreur». C’est en république démocratique du Congo que cette politique a donné toute la mesure de son horreur, avec les massacres de réfugiés hutus en 1996-1997 puis le pillage des richesses minières de l’est du pays. Fernando Andreu estime à 4 millions les victimes de cette politique de «domination géostratégique».
 

 

DECRYPTAGE du 8 mars 2008        Il faut se rappeler que les femmes violentées sont un des aspects des retombées de la guerre sécuritaire du Rwanda qui aura causé 5 millions de morts au Congo et qui continue à faire au moins 15.000 victimes par mois. Ce "génocide" collatéral, personne ne le dénonce à part la justice espagnole qui en accuse Kagame et ses officiers. Ted Koppel ( Nightline de ABCnews) avait le premier dénoncé Kigali, en 2002 en ces termes: " ceux qui avaient survécu à 1994 ont passé la frontière pour faire (à l' époque) autant de morts par jour que les victimes des attentants du 11 septembre 2001"...


Les violences sexuelles sont affligeantes. Aux Kivus, on met cela sur le dos des rwandais Hutus FDLR. Mais ils ne sont plus qu' environ 6000 dont les femmes et les enfants et de jeunes recrues qui n' avaient pas connu les évènements de 1994. Ce n' est pas cette poignée de gens sexuellement actifs qui violeraient toutes les femmes du Kivu. Des groupes plus larges et plus diversifiés participent à ces agressions bestiales, causées sans doute par le chaos ambiant et l' écroulement de répères moraux et sociaux, et tout simplement humains, dans toutes les populations du Kivu.

Conséquence perverse des violées du Kivu, on a renforcé la loi congolaise sur la présomption de viol. Toute relation sexuelle avec une mineure de 18 ans, même consentante est réputée viol avec violence.... Et on entend de partout au Congo qu' on viole quotidiennement et " avec violences". Les statistiques sont devenues folles. Depuis quand les jeunes villageoises pubères mettent une ceinture de chasteté en attendant d' avoir 18 ans?  Autant qu' on s' indigne sur des atrocités, autant sont atroces les aveuglements de législations irréalistes et de statistiques polluées.