Decrypt: fausse xénophobie, mais vrai chaos

Publié le par Grand Beau et Riche Pays

La mairie de Lubumbashi veut imposer des visas de séjour urbain. Il serait victime d' une mode de gouvernance chaotique.


Floribert Kaseba impose un visa aux non originaires ?


La Prospérité     Le Maire de la ville de Lubumbashi a signé deux arrêtés urbains, le 21 mai 2008, pour, justifie-t-il, ‘‘réglementer efficacement tout séjour des visiteurs dans la ville par la maîtrise des effectifs, le contrôle des mouvements et autres faits sociodémographiques’’. En violation flagrante de toutes les dispositions constitutionnelles relatives aux droits humains, libertés fondamentales et devoirs du citoyen et de l’Etat. Floribert Kaseba Makunko, c’est de lui qu’il s’agit, entend lutter contre la ‘‘migration de la population observée à Lubumbashi’’, migration susceptible, selon lui, de provoquer des conséquences sur le plan sécuritaire, administratif et socio-économique. Le Maire de Lubumbashi fait obligation à tout Congolais, considéré par lui comme étranger donc nuisible, d’obtenir auprès du bureau de la commune de résidence une attestation de séjour. L’attestation de séjour ne sera accordée que si la famille d’accueil dispose d’importants moyens de subsistance. Une brigade spéciale a été constituée et détachée aux postes frontaliers de la ville pour traquer les ‘‘immigrants irréguliers’’.

C' est pourtant le seul à avoir radié de l' Etat Civil les références tribales

Extrait de Nor Metallisé de Marcel Yabili NR 15 du 24/08/2004 " Mieux une race, et pas de sexe"     On a pu lire dans la Libre Belgique du 14 février 2003  que « quarante ans après le lancement d'un jumelage tombé dans les oubliettes, Liège poursuit la réhabilitation de l'état civil de Lubumbashi. Un recensement complet de la population a permis de la fixer fin 2001 à 1.180.387 habitants. Après le recensement, Lubumbashi veut créer un registre de population locale. Il s'agit d'un ensemble de fiches individuelles,  caractérisées par l'instauration d'un numéro inaltérable, propre à chaque individu et l'abandon des notions traditionnelles de chefferie, village ou province d'origine se rapportant à une différenciation basée sur le caractère ethnique ». Le Maire de Lubumbashi n’ a fait qu’ appliquer le nouvel ordre juridique et républicain. Mais cela passe largement inaperçu, et n’ a pas été imité ailleurs.

Les ONGs campent dans des recommandations  

(AFP) -  L' Action contre l'impunité pour les droits de l'Homme (Acidh) fustige les arrêtés du maire de Lubumbashi, Floribert Kaseba et qui concernent les non Congolais, mais aussi les Congolais étrangers à la ville. Selon l'ONG, ces arrêtés "ne reposent sur aucune base constitutionnelle, législative ou réglementaire". L'Acidh dénonce le silence du gouvernement central face à ces arrêtés "manifestement inconstitutionnels  et illégaux".

Le dossier est monté à l' Assemblée Nationale

Extrait de Radio Okapi    A l’Assemblée nationale, les députés ont en plus adopté au cours de la même plénière les recommandations du député Matadi Nenga, en rapport avec deux arrêtés du maire de Lubumbashi. Ces arrêtés, pris depuis le 21 mai 2008, réglementent le mouvement de la population congolaise et des étrangers dans cette ville. Ils exigent notamment la carte de séjour temporaire ayant l’identité complète du nouveau venu. Les députés estiment que les mesures du maire de Lubumbashi violent la Constitution du pays et craignent qu’elles ne débouchent sur des conséquences fâcheuses. Ils [les députés] ont donc demandé au gouvernement de faire reporter ces mesures et d’organiser une campagne de sensibilisation des territoriaux aux lois de la décentralisation.

 

 


Décryptage du 4 juillet 2008    Le Maire peut prendre des mesures de police locale. A cet effet, il est OPJ. Mais il ne peut que exécuter des lois et règlements existants. Il est frappant que les arrêtés urbains querellés ne citent aucun texte qui l' y autorise. Et rien que dans la forme, il y a vice et abus de pouvoir. Ces textes sont nuls. La mesure peut être rapportée par l' intéressé ou sa hiérarchie ou la Cour d' Appel. ( Tout citoyen ou toute  ONG peuvent saisir les tribunaux administratifs).
 
La Ville de Lubumbashi se développe en grand désordre,  prise d’ assaut par des migrants de l’ intérieur et de l’ extérieur. Il y a des problèmes objectifs à gérer toutes ces gens qui viennent se greffer sur ce qui existe comme infrastructures publiques, économiques et sociales.
 
Un exemple. Le centre ville a le « tout à l’ égout », contrairement à Kinshasa. Lubumbashi dispose de large avenues souterraines qui récoltent les déjections et les eaux usées et les déversent dans le canal qui alimentait les usines de cuivre. Ces eaux souillées du canal servaient aux besoins d‘ arrosage et au refroidissement des fours de cuivre « water jacket ». L’ usine servait de station d’ épuration avant que les eaux ne se déversent dans la rivière Lubumbashi. Ce canal artificiel était alimenté par la même rivière, mais en amont. Un barrage y avait été érigé ? Mais pendant qu’ on applaudit la future plage privée pour les nouveaux riches, les ilots de jacinthes d’ eau avaient été poussés du lac artificiel vers la rivière et le barrage qui alimentait le canal artificiel. La pression des plantes a fini par céder le barrage. Le public a été étonné que, pour la première fois, le pont Lubumbashi était inondé. On en accusa même la nouvelle usine. En fait, c’ est tout le débit de la rivière qui empruntait le lit, alors que jusque là, une partie était déviée vers le canal. Actuellement, le canal n’ est plus alimenté que par les eaux des égouts de la Ville.

Un autre exemple. Ce sont les nouveaux venus qui poussent au morcellement des parcelles, avec pour conséquence une plus grande densité des populations et des besoins accrus en eau, en électricité et en canalisation d’ égouts que les installations anciennes ne peuvent satisfaire. Au résultat, c’est la qualité de vie générale qui chute. La priorité est aux études sociologiques et à la police de l’ urbanisme,  etc. Il y a des questions à poser et des solutions à rechercher. Sinon, on s' installe dans l' antichambre des extrémismes avec DE VRAIES QUESTIONS, MAIS DE FAUSSES SOLUTIONS.
 
Est-ce à dire que le Maire de Lubumbashi serait xénophobe ? C e serait abusif. Il aura vété le premier à avoir radié les "origines" tribales dans les registres de l' Etat Civil. Cinq années plus tard, il reste le seul à l' avoir fait. Son protocole est non originaire. L’ un des bourgmestres de la ville n’ est pas katangais. Etc. Mais le Maire est affaibli --- je lui ai conseillé amicalement de quitter son bureau la tête haute, plutôt que les jambes allongées ---

Le véritable problème réside dans les modes de prises de décisions par les nouvelles autorités. A commencer par le Gouverneur de Province qui devrait donner l' exemple:

-    il avait pris des décisions entre le 3 mars et le 9 mai 2007, alors qu' il n' avait été investi que le 10 mai. Je cite le cas des destructions des maisons du site Bwalya. L' illégalité des décisions est reconnue, puisque le gouverneur vient de commémorer son avènement le 10 mai 2008, ce qui signifie qu' il était un électron libre avant cette date.

-    il prend des mesures "verbales", comme dernièrement en matière de transport des travailleurs en bus, alors que cela relève autant du Code du Travail que du Code de la Route. Il y a eu les salaires à 100 dollars. Etc

-    lorsqu' il signe des arrêtés, ils empiète sur le pouvoir législatif de l' assemblée provinciale. Un récent arrêté fiscal se fonde sur le vote de son investiture.

-    en matière de résidence, il y a des cas d' expulsions ou de tentatives d' expulsions de la ville. On parle du cas d' un avocat dans le dossier Crédit Foncier. Dernièrement, ce fut le cas de l' entraîneur de l' équipe Lupopo. Le gouvernent provincial s' est limité aux griefs sans aborder la question des procédures légales.

Dans ce chaos, le Maire ne pourrait être plus clairvoyant ni plus éclairé... Pour preuve, la Mairie n' a pas les moyens de sa politique. Ils ne peuvent absolument pas gérer les mouvements des populations avec toutes les formalités prévues et les suivis que cela implique.
 
Réaction à des réactions fascistes   Il s' installe une sous-culture d' autosuffisance intellectuelle qui est en réalité une démission de l' intellect. Avec un goût de fascisme! C' est un "Docteur" qui proclame que le maire " a pris deux arrêtés conformes à la Constitution et aux lois de la RDC: il y a de bons juristes congolais dans la mairie de Lu'shi ". Autrement dit, la seule référence à la Constitution en établirait la conformité. Point final! De même, si jamais des diplômés en Droit participent à la rédaction d' un texte, ce serait ipso facto du  " bon " droit....
Il s' est même trouvé des prétendus intellos qui justifient les errements du maire avec l' impertinence des réglementations coloniales. Mêmes si des mesures d' une autre époque n' ont pas été expressément abrogées, on sait depuis l' école secondaire que les lois peuvent tomber en désuétude. Elles sont même annulées implicitement par des législations plus récentes, notamment avec l' avènement des libertés constitutionnelles individuelles. Et puis, ON EST LIBRES! NON? DANS UN PAYS INDEPENDANT! 
 

21 juillet 2008   Anonyme C' est dans un meeting tenu le 17 mai que le gouverneur du Katanga avait fait allusion au contrôle des populations, estimant le nombre des "réfugiés économiques" à plus de 30.000. Parmi eux, des enfant de rue dont 80% proviendraient essentiellement des deux Kasaï ! Les modalités de contrôle auraient été fixées par le conseil urbain de sécurité de Lubumbashi du 22 mai. Les nouveaux venus auraient trois jours pour se présenter aux bureaux des communes, s' y faire enregistrer et justifier l'objet de leur visite, la durée de celle-ci, les moyens de subsistance afin de se voir attribuer un certificat de visite. Le gouvernement provincial aurait même alloué à chaque commune de Lubumbashi une somme de 10.000$ en vue d'imprimer des fiches d'identification.