On l' a bafouée, la dame centenaire

Publié le par Grand Beau et Riche Pays

On l' a bafouée, la dame centenaire

Une image, une seule suffit pour beaucoup expliquer. On a fait célébrer le centenaire de la ville de Lubumbashi, ex-Elisabethville, en 2010. Les officiants avaient écarté le faste. Ce fut un événement minimaliste. Comme à contrecœur Ni monument, ni plaque commémorative, ni hommage au fondateur. Ni héritage des plans et règles urbanistiques. Avant eux, on n’avait rien fait. Ils referaient une ville à l’ image de Jo'bourg. Ils avaient tenté de remettre les pendules, non pas à l’heure, mais à zéro. Ils voulaient réécrire l’Histoire à leur sauce. En vain, on leur avait dit que la ville n’avait pas été créée en 1910 et que 2010 n’ en était pas le centenaire.

Ils sont maintenant contredits noir sur blanc, et de la main du premier bourgmestre africain de la ville qui avait invité à fêter « avec faste » le cinquantième anniversaire de la fondation de la ville, en juillet 1961. Auparavant, en 1951, on avait célébré les 40 ans. En 1951 et 1961, il y a eu des foires internationales. A l' ère de la gestion en entreprise privée: rien! En 1961, un livre de luxe et un monument. A bien calculer, cinquante ans après, le centenaire tombait en 2011. En 1961, l’autorité s’ était adressée aux « populations qui ont confiance dans l’avenir ». En 2010, l’ autorité ne faisait pas confiance au passé. Et Lubumbashi a été privée de commémorer son véritable centenaire…

On s' était interrogé: centenaire: 1910-2010 ou 1911-2011? Il était étrange que les règles de simple addition mathématique soient différentes pour la colonisation ou les autorités de l' Indépendance ... La vérité historique est que l' arrêté royal de 1910 n' avait pas créé la ville et n' était pas non plus entré en vigueur cette année-là!

A relire: centenaire: 1910-2010 ou 1911-2011? , le mystère du centenaire , et pas besoin d' être Jo'bourg

Ils sont maintenant contredits noir sur blanc, et de la main du premier bourgmestre africain de la ville qui avait invité à fêter « avec faste » le cinquantième anniversaire de la fondation de la ville, en juillet 1961. Auparavant, en 1951, on avait célébré les 40 ans. En 1951 et 1961, il y a eu une foire internationale. En 1961, un livre de luxe et un monument. Donc, cinquante ans après, le centenaire tombait en 2011. En 1961, l’autorité s’ était adressée aux « populations qui ont confiance dans l’avenir ». En 2010, lm’ autorité ne faisait pas confiance au passé. Et Lubumbashi a été privée de commémorer son véritable centenaire…

On l' a bafouée, la dame centenaire

Le message mayoral a été extrait de Elisabethville 1911-1991 (Editions L. Cuypers), et publié dans Boniface Mwepu Katentakanya 1917-1998, une vie au service de la nation congolaise de Arthur Jano Bakasanda (éditions Talenta). Jano a aussi écrit Fleurs du Cap et autres nouvelles (Talenta) et Des chants à l’osmose (Pléiade congolaise). Des livres simples et agréables et qui démontrent ici leur utilité.

Deux ouvrages ont tout de même été dupés. Ils portent la date de 2010. Mise à part la date erronée, ces livres sont intéressants. Lubumbashi, cent ans d’histoire ( L’Harmattan) de Maurice Amuri rassemble les exposés du colloque international organisé par l’ Université de Lubumbashi sur un siècle de diversité et de dynamisme culturels et sociaux. Lubumbashi, capitale minière du Katanga 1910-2010. L’architecture de Songa-Songa et Marc Pabois (Lieux dits) livre une galerie de photos prises par le talentueux Sammy Baloji.

CE N’ EST PAS UNE ROUTE, C’ EST LE PONT LE PLUS LONG : 6.000 mètres

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Cette photo a été prise le 2 février 2013. La chaussée de Kasenga relie la Ruashi sur six kilomètres. La voie est celle d’ il y a 50 ans avec 7 mètres de large. Mais il n’ y a pas de bas-côtés mais des pierrailles et des fossés sont profonds. On est obligé de rester sur la chaussée, comme sur un pont. On roule à la queue leu leu . Lorsque des minibus s’arrêtent pour débarquer des passagers au milieu de la chaussée, tout s’arrête. Embouteillages, nervosité, fébrilités. Danger. Quelque chose de grave arriverait ici. Et on avait pris la photo. Une année après, cela est arrivé : un bus a fauché un minibus et des passagers en attente.

La ville était réputée pour l' insuffisance de cours d'eau. Depuis, on en a créé

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Cette photo a été prise le 19 février 2013. Les rues avaient débordé sous les fenêtres de l’Hôtel de ville. Lubumbashi est dotée de cartes détaillées avec des courbes de niveaux permettant d’orienter les rues et les écoulements des eaux, mètre d’altitude par mètre d’altitude ; il y a une ligne des crues de la rivière avec interdiction de construire à moins de six mètres. Etc. Le centre ville a un réseau du tout à l’ égoût avec d’ importants canaux souterrains qui avalaient les eaux de surface. Mais c’était du belge.

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Maintenant, on remet une couche de bitume sans se préoccuper des bouches d' égouts, des canalisations et des précipitations. Lorsque les rues débordent, on crée de l' emploi. Ce jour-là, cela avait fait les affaires de petits malins qui faisaient payer 100 francs pour traverser la rue en marchant sur des caisses de bière … Une année après, c’ est l’ horreur, En février 20154, tout a débordé, partout. Des inondations jamais vécues. De mémoire de sans mémoire.

A TABLE A DEUX

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La banane plantain n’ a de couleur jaune qu’ à l’ intérieur. On peut la découper en longueur et en tranches que l’ on frit légèrement pour accompagner des plats au poisson. Poisson frais de rivière ou poisson salé. Accompagné de légumes bouillis et assaisonnés. Pour deux.

IMAGES D' ANCIENS DU BEAU PAYS, sur Espace Ovington

La ville centenaire a des enfants éparpillés dans le monde. Léon Soriano et sa femme y sont nés. Le dentiste de Bruxelles est un grand amateur de photos qu’ il traque et publie régulièrement sur internet. Sa femme accompagne les séries de jolis poèmes avec des mots doux en swahili, comme Simba milima, pour lion des montagnes.

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